La cueillette de champignons connaît de plus en plus d’adeptes. Mais la mycologie n’est pas sans danger. Il y a des risques à consommer les fruits de sa récolte si on ne sait pas d’abord reconnaître les espèces toxiques.
Les décès associés à la consommation de champignons sauvages sont rares - on en a officiellement répertorié deux entre 2004 et 2009 au Québec -, mais les cas d'intoxication sont nombreux. Depuis quelques années, le Centre antipoison du Québec reçoit plus de 500 appels par an pour des cas d'intoxication soupçonnée chez des cueilleurs québécois. Les variétés les plus dangereuses provoquent une insuffisance hépatique.
La majorité des champignons sauvages qu'on trouve chez nous sont inoffensifs. Sur les quelque 3000 variétés répertoriées, une centaine sont dangereuses, et de 20 à 25 d'entre elles sont mortelles. Les plus courantes sont les amanites, dont la vireuse et la tue-mouches, le paxille enroulé et la galérine automnale. Mais encore doit-on savoir les reconnaître. À ce chapitre, la prudence s'impose. Il faut des heures de recherche pour arriver à démêler les différentes espèces ou à distinguer des variétés en apparence identiques. Un seul détail dans la forme du pied ou une subtile différence de couleur peuvent séparer un champignon comestible d'un autre qui est toxique.
En forêt et sur les pelouses
La montée en popularité de la cueillette de champignons a entraîné la création de clubs de mycologie. Il en existe huit au Québec, dont le Cercle des mycologues de Montréal (CMM) qui, avec plus de 1000 membres, est le plus important en Amérique du Nord. Ces clubs offrent des formations et des ateliers d'initiation, et organisent des excursions tout au long de l'été. Mais c'est à l'automne que la chasse connaît le plus de succès. L'humidité favorise en effet la prolifération des champignons. Munis de leur couteau, les cueilleurs ratissent le pied des arbres, grattent les branches et scrutent les sous-bois.
Les intoxications provoquées par la consommation de champignons qui poussent sur les pelouses - où on en trouve de plus en plus - sont en hausse. Ces derniers seraient plus dangereux qu'avant, notamment en raison des voyages et des changements climatiques qui ont amené l'apparition de nouvelles variétés.

