Infectés mais non exclus

Toutes les maladies contagieuses ne constituent pas un motif d'exclusion.  Un rhume banal, par exemple, est très contagieux et pas nécessairement agréable à attraper. Mais comme ce n'est pas une maladie grave, qu'elle est très fréquente et qu'il y a peu de chance d'en diminuer la transmission en excluant les enfants qui en sont atteints, ceux-ci peuvent fréquenter le service de garde si leur état général le permet. À l'autre extrémité de l'échelle, le VIH, l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine, est une infection grave. Pourtant, je ne connais aucune juridiction qui recommande l'exclusion de la garderie ou de l'école d'un enfant qui en serait porteur, et avec raison: les risques de transmission de l'infection en service de garde sont inexistants, tout comme à la maison: on ne rapporte pas de cas de propagation dans une fratrie. Il serait donc tout à fait inapproprié d'exclure de la garderie un enfant infecté par le VIH.

Recommandations difficiles pour les gastroentérites

Les gastroentérites sont dignes d'une mention spéciale: il est particulièrement difficile de faire des recommandations simples et censées quand elles sont en jeu. En général, les gastroentérites sont très contagieuses et l'exclusion contribue certainement à en diminuer la transmission. Le problème de la gastroentérite, c'est sa définition: combien de vomissements et quelle sorte de caca faut-il pour suspecter une gastroentérite causée par un microbe dangereux?  Les selles peuvent-elles être contenues dans la couche? Contiennent-elles du mucus ou du sang? La diarrhée est-elle accompagnée de fièvre? L'enfant vomit-il plus de deux fois par jour? Dans l'affirmative, il est peu probable que le service de garde arrive à contenir les selles et les vomissements pour éviter la transmission. Les microbes impliqués pourraient également être plus virulents dans ces circonstances et il est peu probable que l'enfant soit assez en forme pour suivre les activités habituelles du groupe.                                                                          

Vivre en groupe: souplesse et bon jugement

Il serait certainement plus simple si les mêmes critères nets et précis étaient appliqués à toutes les situations: ce serait aussi du dogmatisme pur et dur! Dans l'exercice difficile que constitue la vie en groupe, il faut faire preuve de souplesse et pouvoir faire confiance, au moins dans le cas des garderies, aux éducatrices. Si l'une d'entre elles, veillant sur l'enfant, croit que celui-ci doit rentrer chez lui, son avis vaut sans doute celui de n'importe quel comité d'expert. Pour des maladies plus rares et plus complexes que le rhume, il faudra s'en remettre aux recommandations des comités d'experts, sachant que ceux-ci interprètent de leur mieux les écrits médicaux pour l'appliquer au monde palpitant des tout-petits en garderie.