L'organisme Solidarité sans frontières revendique la régularisation de tous les immigrants illégaux au pays. Toutefois, pas question pour le gouvernement Harper de leur accorder l'amnistie. Cela serait injuste envers ceux qui ont recours aux procédures légales, estime-t-on, et encouragerait l'immigration illégale.

«Le problème est que si vous régularisez ces employés d'usine, demain matin ils ne seront plus employés d'usine. C'est parce qu'ils sont clandestins qu'ils acceptent deux dollars l'heure, et des conditions de santé et de sécurité inadéquates, pour travailler dans une usine sale, mal aérée,», affirme François Crépeau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit international des migrations de l'Université de Montréal.

Puisque 100% d'entre eux travaillent, estime-t-il, il est évident que cette main-d'oeuvre bon marché et non qualifiée est essentielle à l'économie canadienne. Mais les politiques d'immigration actuelles ne comblent pas les besoins de plusieurs secteurs économiques. «Pour une usine de viande, vous n'avez pas besoin d'un ingénieur. Vous avez besoin de bras. Pour ramasser des fraises, vous n'avez pas besoin d'un avocat ou d'un médecin. Vous avez besoin de bras. Nos politiques d'immigration ne recrutent pas de bras depuis déjà 30 ans », affirme François Crépeau. Actuellement, il y a des manques criants dans certains domaines.»