Deux ou trois choses avant d'enclencher une tentative de réponse. Vous dites qu'il n'y a pas de fenêtre, mais il y a une aération mécanique. S'il y a une grille, souffle-t-elle ou aspire-t-elle? Peut-être ne fait-elle rien du tout, ce qui serait déplorable, mais qui demeure probable. On a déjà vu des conduits dans le mur qui se terminent en cul-de-sac,  à la suite de nombreux travaux de construction mal suivis.  Un tuyau qui ne va nulle part, c'est des choses qui arrivent, pour paraphraser Coluche...


Deuxièmement, vous me dites que c'est tassé là-dedans et que le combat des parfums fait rage... Mesdames, si c'est le chaos en termes de ventilation et d'aération, il faut agir effectivement. En attendant la livraison d'oxygène,  permettez-vous d'aller marcher fréquemment dans le corridor;  si vous avez facilement accès à l'extérieur, allez y respirer régulièrement. Vous ne fumez pas? Allez fumer avec votre amie (prendre l'air avec votre amie qui fume, on s'entend!). Si elle non plus ne fume pas, allez prendre l'air malgré tout. Et surtout, ne fermez pas la porte du local, mieux vaut un peu d'air du corridor, même si ça fait entrer du bruit.  À tout prendre, le bruit vous donnera moins mal à la tête que l'asphyxie. 

Demandez les services d'entretien du bâtiment

Effectivement! Par la suite: «Enquête Jobidon» sur la situation. Il faut appeler les services d'entretien du bâtiment. Y a-t-il ou non de l'air qui entre ou qui sort par cette foutue grille? Ne vous faites pas bourrer. Prenez un petit papier léger pour constater s'il est aspiré ou repoussé. Si le papier ne bouge pas, vous avez une preuve en béton à opposer au technicien de mauvaise foi qui voudrait vous faire croire que la ventilation fonctionne.

Attendez la conclusion et demandez qu'on vous explique simplement les choses. La mécanique de la ventilation se comprend assez bien par des gens de bonne volonté, mais les problèmes sont quelquefois très difficiles à régler, car les locaux n'ont pas tous été conçus pour renfermer trois secrétaires parfumées avec autant d'ordinateurs qui chauffent, les imprimantes et tout le tralala. Vous avez des sensations de lourdeur et de fatigue malgré vos bonnes nuits de sommeil, et vous vous sentez   mieux  aussitôt que vous sortez de votre pièce. La gang, ça ne trompe pas, et  s'il y a de l'air, il n'y en a pas assez. En tout cas, le patron qui vous dirait que vous ne manquez pas d'air n'en manque certainement pas, lui...

Exigez un environnement de travail sain

Moi j'essaie d'être positif. Deux volets à votre démarche. Discussion honnête et à tête froide avec la ou les personnes responsables, pour explorer les solutions et par la suite il faudra entreprendre une certaine démarche que je qualifierais de «normative». Il y a toute une panoplie de normes, de règlements et de lois sur la qualité des environnements de travail. Il y a entre autres, la CSST: ça vous dit quelque chose? Les centaines de millions de dollars dont dispose cet organisme ne servent pas qu'à raccommoder les ouvriers d'usine qui se coupent un bras ou une jambe. Ils servent aussi à ce que trois dames, qui elles aussi ont un travail à faire, le fassent dans des conditions respectueuses des individus. De nos jours, ça ne se fait plus d'enfermer des gens dans un placard, à se pomper le peu d'air et tout le CO2 de toutes les personnes en présence. Ça, c'était pour les sous-mariniers de la guerre de 14-18. Votre démarche deviendra peut être un combat (celui de votre santé), où il faudra affronter des ennemis comme: «Ce n'est pas le local, le problème, c'est qu'elles ne veulent pas travailler».  Ou encore, la perle classique: «Ce n'est pas la mécanique, leur problème, c'est leurs hormones...» Il faut s'attendre à tout. 

 

Quand la ventilation devient une question de santé

Je suis résolument de nature positive, même si j'ai mes jours d'abattement. Écoutez-moi bien, mes chères étouffées trop parfumées: si le niveau de sensibilité des travailleurs est aussi élevé, c'est parce que dans le passé, les employeurs faisaient bien peu de cas de la ventilation de leurs édifices. Les administrateurs d'édifice sont aujourd'hui dans notre collimateur, et les choses ne peuvent que s'améliorer. Il y aura ainsi du papier à remplir, comme une plainte écrite par exemple.  Mais je ne vous cache pas que ça peut être très long, fastidieux et décourageant.  Maintenez le cap! C'est votre santé et personne ne vous payera jamais assez cher pour être malade de votre travail. De plus la CSST peut exiger une amélioration immédiate des choses comme un réaménagement du lieu de travail pour deux personnes au lieu de trois. Et surtout, ne vous défoulez pas sur les gens qui essayeront de vous aider. Il ne faut pas mordre la main tendue.

Bonne chance!