Laure Waridel sait associer les genres. C’est elle qui a lancé le slogan «Acheter, c’est voter!», qui est rapidement passé dans les expressions populaires. Écologiste, sociologue, recherchiste, auteure, enseignante, conférencière et mère, la militante se passionne pour la justice sociale, l’environnement et le développement international.
Certains pourraient croire qu'elle rentre essoufflée de ses journées à multiples visages. Pas du tout. «Pour moi, tout est lié, et je pense toujours à ces enjeux dans une vision d'ensemble», déclare la jeune femme dans la trentaine. Elle nourrit son énergie du sentiment d'urgence d'agir qui l'habite en ce qui concerne le climat, la protection de la biodiversité et l'élimination des produits chimiques.
J'éprouve du plaisir et de la satisfaction à mettre la main à la pâte et à découvrir des solutions qui suscitent la participation d'un grand nombre de personnes.
Laure croit à la sensibilisation. «Nous sommes rendus à un tournant de l'histoire de l'humanité où il faut passer de la parole aux actes. J'éprouve du plaisir et de la satisfaction à mettre la main à la pâte et à découvrir des solutions qui suscitent la participation d'un grand nombre de personnes», souligne-t-elle.
Bouleverser les idées reçues
Ces citoyens actifs, Laure Waridel compte bien les recruter dans toutes les sphères de la société, y compris dans le milieu des affaires. Les entreprises aiment bien son visage harmonieux, sa voix chantante, sa pensée claire et ses arguments réalistes. Les caisses d'économie solidaire n'ont, par exemple, pas hésité à faire appel à elle pour leur campagne en matière de développement durable et de responsabilité sociale des entreprises.
La militante ne craint pas de bousculer les esprits figés qui prétendent que les activistes environnementaux ne doivent pas s'associer aux économistes. C'est ainsi qu'elle a également dit oui lorsqu'on lui a proposé une charge de cours à la faculté de gestion de l'Université McGill. «J'ai accepté ces nouveaux mandats parce qu'ils me permettent de toucher des gens qui s'identifient à des courants plus traditionnels», explique Laure Waridel. Elle est sûre que ces milieux sont eux aussi alertés par l'ampleur des problèmes environnementaux et sociaux qui bousculent la planète et qu'ils cherchent des solutions.
«Dans l'histoire de l'humanité, il y a eu de grands changements qui ont commencé par des idées qui paraissaient révolutionnaires, comme l'abolition de l'esclavage. À une époque, toute l'économie reposait sur cette injustice sociale. Et pourtant, aujourd'hui, plus personne ne prétend que la reconnaissance des droits des Noirs a tué les échanges commerciaux», raconte Laure.

