Lorsqu'un enfant se pique accidentellement avec une aiguille abandonnée dans un parc, une ruelle ou dans la cour de l'école, on assiste souvent à la panique des parents et des intervenants. Ce qui inquiète, évidemment, c'est que l'aiguille puisse contenir du sang contaminé et transmettre des infections causées par le virus de l'hépatite B (VHB),de l'hépatite C (VHC) ou du VIH/sida.

Quels sont les risques de transmission?

Les seules données fiables concernant le risque de contracter une infection transmissible par le sang suite à une piqûre accidentelle nous proviennent des études faites chez les travailleurs de la santé. Ces données démontrent, primo, que le risque de transmission est très faible et, secundo, que les principaux facteurs de risque sont la présence de sang frais dans la seringue et la profondeur de la blessure. Chez les toxicomanes, la transmission du virus est plus fréquente car ils se passent des seringues fraîchement souillées et ils se les plongent profondément dans les veines. Dans la population, les risques de transmission des hépatites et du VIH/SIDA sont rares puisqu'il s'agit le plus souvent de piqûres avec des aiguilles abandonnées depuis un certain temps, où le sang est habituellement séché et en infime quantité.

À l'hôpital Sainte-Justine, aucun cas de transmission n'a été observé chez une centaine d'enfants suivis à la suite d'une piqûre accidentelle.

La survie des virus dans l'environnement

La viabilité, ou capacité d'un organisme à demeurer vivant, n'est pas la même pour tous les virus. Les données démontrent que les virus sont souvent sensibles aux variations de températures et par conséquent, survivent peu dans l'environnement. D'ailleurs, on a rarement retrouvé des virus vivants (VHB et VHC) dans des seringues abandonnées, et le risque de transmission par le biais de ces piqûres demeure improbable.

Agir vite pour bloquer le virus

Les enfants s'étant piqués accidentellement avec une seringue abandonnée doivent néanmoins être référés le plus tôt possible dans un établissement de soins pour une évaluation médicale.

La rapidité de la prise en charge permettra au médecin de débuter, s'il y a des facteurs de risque de transmission, une prophylaxie antirétrovirale contre le VIH. L'efficacité de la prophylaxie antirétrovirale est inconnue lorsqu'on la débute plus de 24 à 36 heures après l'exposition.