Après les rejets agricoles et industriels, voilà maintenant que le fleuve Saint-Laurent reçoit sa dose quotidienne de médicaments de toutes sortes. Une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal a détecté des traces de bézafibrate (médicament diminuant le cholestérol), d'énalapril (médicament pour traiter l'hypertension), de méthotrexate  et de cyclophosphamide (deux produits utilisés dans le traitement de certains cancers) dans les eaux usées acheminées à la station d'épuration de Montréal. Les quantités de bézafibrate et d'énalapril détectées dans les eaux usées, les eaux traitées et dans les eaux de surface à la sortie de la station d'épuration sont respectivement 50 nanogrammes par litre, 35 ng/L et 8 ng/L pour le bézafibrate et de 280 ng/L, 240 ng L et 39 ng/L pour l'énalapril.

Des molécules persistent aussi dans les eaux traitées sortant de la station d'épuration et dans les eaux de surface du fleuve St-Laurent.

Le chercheur Sébastien Sauvé, professeur de chimie environnementale à l'Université de Montréal et  coordonnateur de l'étude publiée dans le Journal of Environmental Monitoring, n'a pas caché son inquiétude: «Les produits de chimiothérapie sont très toxiques.» L'équipe du docteur Sauvé est d'autant plus inquiète qu'elle publiait en septembre 2008 une autre étude concernant la présence d'œstrogènes dans l'eau potable. En effet, selon la chercheure Liza Viglino, spécialiste de l'analyse et de la modélisation du devenir de contaminants émergents dans l'eau potable, les eaux de rejet de l'usine d'épuration de Montréal dans le fleuve Saint-Laurent contiennent jusqu'à 90 nanogrammes par litre (ng/L) de certains composés d'œstrogènes.