Ces résidus d'Å“strogènes proviendraient de l'hormonothérapie de remplacement prescrite aux femmes ménopausées, des pilules anti-contraceptives, des pilules du lendemain et de certains antidépresseurs. Un seul nanogramme d'hormones stéroïdes serait suffisant pour perturber le système endocrinien des poissons et diminuer leur fertilité, voire causer l'hermaphrodisme ou la féminisation des mâles. 

Quelle soupe médicamenteuse! Car la majorité de ces médicaments échappent au traitement des eaux usées!

Pas d'effets connus sur les humains

Mais, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter de la consommation d'eau potable. Certes, quelque 75 municipalités du Québec s'approvisionnent en eau à même le fleuve Saint-Laurent, mais, plus les rejets coulent en aval, plus ils seraient inoffensifs. Enfin, c'est ce que des chercheurs en biologie marine extrapolent, car il n'existe pas d'études toxicologiques croisées. Une fois arrivés dans l'estuaire du fleuve et mélangés à l'eau salée, il ne resterait pour ainsi dire plus de traces de ces produits utilisés par la médecine. «Pour les résidants de Montréal ou en amont du déversoir, les risques pour leur santé est faible, parce que les molécules sont peu stables et vieillissent rapidement, surtout lorsqu'elles sont dans l'eau», précise le chercheur Émilien Pelletier, professeur en océanographie chimique et titulaire de la Chaire de recherche en Écolotoxicologie marine, à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, rattachée à l'Université du Québec à Rimouski.

De plus, une technologie de nettoyage des eaux usées à l'ozone serait de nature à éliminer les divers composés hormonaux restants après le passage dans les filtres. Cette technologie coûteuse serait bientôt installée à l'usine d'épuration des eaux de Montréal et permettra d'éliminer de 70 % à 80 % des traces de médicaments dans l'eau.