Une science à parfaire
Certains militants accusent la présence de ces produits dans l'eau pour expliquer certains problèmes de croissance chez les petites filles et de fertilité chez les adultes. «Le problème provient du fait que le corps ne métabolise que très faiblement les médicaments qu'il ingère. Par exemple, dans le traitement du cancer, les médecins doivent administrer de très fortes doses pour espérer que seuls 5 % des molécules soient retenues par le corps. Ces fortes doses ne sont pas dommageables pour l'individu, mais leur rejet à travers l'urine va finir par causer un immense problème environnemental, complète le professeur Pelletier. Mais, ajoute-t-il, puisque de plus en plus de soins de santé sont administrés en clinique externe avec des médicaments pris chez soi, il est impensable de vouloir contrôler ces rejets.»
Ce qui alarme certaines personnes, c'est que la science n'a pas résolu comment réaliser des études toxicologiques et épidémiologiques pouvant affirmer clairement qu'il n'y ait pas de retour sur les humains. «En conséquence, on devrait jouer de prudence», estime le professeur Pelletier de l'UQAR.
Une plus grande responsabilisation
Le professeur Pelletier croit que le milieu de la santé devrait militer auprès des consommateurs de médicaments pour une gestion adéquate des composés qu'ils ingurgitent. «Il existe une très mauvaise habitude qui consiste à jeter à la toilette et dans l'évier les pilules non utilisées ou périmées. Il faut absolument sensibiliser les utilisateurs sur les effets directs de ce geste», dit le professeur Pelletier. Il espère aussi que les gouvernements soient vigilants face aux procédés de production des compagnies pharmaceutiques. «J'ose espérer que l'industrie est consciente des conséquences néfastes sur la faune marine de tels rejets et qu'elle s'est imposé des pratiques rigoureuses pour de tels rejets», conclut-il.
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