Le bois est-il un choix vert quand on parle de chauffage résidentiel? Pour l’industrie, la réponse est un oui sans équivoque. Les écologistes et la santé publique, eux, sont plus nuancés.
Avec la hausse des prix du pétrole, le bois connaît un regain de popularité. Le nombre de logements dans lesquels on a recours au chauffage au bois a augmenté d'environ 60 % entre 1987 et 2000, selon Statistique Canada, alors que la quantité de logements a crû de 20 %. Mais les nouveaux utilisateurs se questionnent. Le chauffage au bois est-il écologique parce que renouvelable, comme le dit l'industrie, ou est-il l'un des grands responsables de la pollution atmosphérique et du smog hivernal, comme l'affirment les écologistes?
Particules fines et autres toxines
Le brûlage du bois libère une centaine de composés toxiques, dont des particules fines, auxquelles on attribue le smog hivernal. En 2005, une étude montrait que le chauffage au bois résidentiel représentait 47 % du total des émissions estimées de particules fines (PM 2,5) au Québec, comparativement aux industries, responsables de 36 % des émissions, et au transport, qui en produisait 17 % (1).
Outre les particules fines, le chauffage au bois émet du monoxyde de carbone (CO), des composés organiques volatils, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des oxydes d'azote (NOx) et de nombreux produits irritants. L'exposition à ces contaminants peut avoir des effets néfastes sur la santé. Selon la Direction de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, les jeunes enfants, les personnes âgées et celles qui souffrent de problèmes respiratoires ou cardiaques sont particulièrement sensibles à la présence de particules fines dans l'air. Elle ajoute que certaines substances émises par la combustion du bois sont reconnues comme cancérigènes, et que d'autres peuvent provoquer des maux de tête ou irriter les yeux et les voies respiratoires.
Opter pour des poêles certifiés
Les études montrent cependant qu'une combustion plus complète dans un feu très chaud et vif permet de réduire de façon considérable les émissions fumigènes, selon l'Association des professionnels du chauffage du Québec. Les appareils qui respectent les normes environnementales américaines (EPA) réduisent de 60 % à 90 % les émissions de particules et de fumée tout en consommant 33 % moins de combustible pour la même production de chaleur. Il en résulte une diminution de la pollution et de la quantité de bois nécessaire au chauffage d'une maison ainsi que des coûts liés au chauffage.
Pour l'Association pour l'air pur (ALAP), la quantité d'émissions nocives dépend de trop de facteurs: type d'appareil de combustion, qualité de l'installation, entretien de l'appareil, choix du combustible et de la technique de combustion qui relève presque de l'art et des conditions atmosphériques. Citant des données de l'United States Environmental Protection Agency, l'ALAP estime qu'après quelques années d'utilisation normale, les poêles certifiés émettent en moyenne jusqu'à trois fois plus de particules fines que leur niveau de certification.

