Jouer dans le milliardième de mètre, cela ouvre de vastes horizons, mais cela soulève aussi d'énormes questions. On retrouve des composants nanométriques - de nouveaux matériaux que l'on obtient en assemblant les atomes un à un - dans des produits aussi divers que les crèmes solaires translucides, les chaussettes anti-odeurs, les raquettes de tennis ultralégères, les fenêtres autonettoyantes ou les peintures anti-graffitis.

En 2006, on comptait sur le marché mondial 700 produits issus des nanotechnologies. Au Québec, 350 produits seraient disponibles, selon la Commission de l'éthique de la science et de la technologie.

Ce n'est qu'un début. Certains chercheurs voient dans cette nouvelle aventure scientifique des réponses à nos besoins les plus divers, que ce soit dans le domaine de la santé, des communications ou de l'énergie. Toutefois, de plus en plus d'experts appellent à la prudence, évoquant les répercussions possibles des nanoparticules sur la santé et l'environnement. Un débat qui n'est pas sans rappeler celui entourant le développement des OGM.

Aucune frontière biologique

On sait que les nanoparticules ne sont arrêtées par aucune frontière biologique. Elles pourraient ainsi aider à livrer des médicaments à l'intérieur des cellules. En contrepartie, elles pourraient s'immiscer inopportunément dans le système nerveux ou dans les chromosomes d'un individu. Des millions de travailleurs sont déjà exposés aux risques des nanotechnologies. On craint que des particules nanométriques ne se retrouvent dans la nature, où elles pourraient menacer les écosystèmes et les humains.