Comment avez-vous appris que vous étiez asthmatique?

J'ai peut-être toujours fait de l'asthme. Quand je nageais, j'étais toujours rouge et je respirais fort. Mon entraîneuse disait: «Elle, elle y met de l'énergie.» J'étais peut-être moins asthmatique ou alors l'étais-je seulement à l'effort. Mais c'est récemment que j'ai reçu un diagnostic.

Cela nuit-il à votre quotidien?

Je continue à nager deux fois par semaine, mais j'utilise ma pompe une demi-heure avant. Ce qui n'était pas toujours le cas avant l'automne dernier. Mais en novembre (2008), j'ai eu une crise grave et je me suis fait peur ainsi qu'à mes filles (âgées de quatre et huit ans). Je me suis rendu compte que je ne voulais pas mourir. Désormais, je prends mes médicaments et j'ai toujours ma pompe sur moi. Et maintenant, mon chum est obligé de regarder derrière lui pour voir si je suis quand on fait de l'escalade, alors qu'avant, il m'entendait souffler et respirer.

Est-ce parce que votre asthme est attribuable à la fumée que vous avez accepté de vous impliquer comme porte-parole de la Journée sans tabac 2009?

Non, car il n'y a jamais vraiment eu de fumée autour de moi. Mais je n'ai pas hésité parce que pour moi, c'est un enjeu personnel, familial, écologique et de santé. Et cette année, ç'a été très présent dans mon entourage. J'ai une amie qui a réalisé pendant nos vacances ensemble qu'elle avait perdu beaucoup d'heures de loisirs avec mes filles parce qu'elle sortait de la chambre pour fumer. Et ma belle-mère est très malade, au point de devoir traîner sa bonbonne d'oxygène. Elle a cessé de fumer trop tard. Elle aimerait courir avec ses petites-filles, mais elle ne le peut pas. C'est dur de s'en rendre compte au début de la soixantaine.

De plus, cette participation m'a été présentée sous forme de défi. Et en la matière, je m'y connais. C'est fini de blâmer les fumeurs et de les isoler. On ne peut pas les abandonner; il faut les soutenir. Ils ont besoin de support, de trouver le bon outil pour atteindre leur objectif. Ce que je veux leur dire, c'est que s'ils veulent de l'aide, des outils existent pour leur en apporter. Beaucoup pensent: «C'est facile. J'ai arrêté de fumer sept fois.» Mais ce n'est pas vrai que c'est facile. Je ne me suis pas planté sept fois avant d'aller aux Jeux olympiques! On doit encourager les fumeurs à trouver les ressources qui les aideront à abandonner le tabagisme. Ceux qui s'engagent dans cette voie sont des champions.