Je comprends votre défi, et la nouvelle industrie touristique devra composer avec vos goûts, qui risquent de correspondre à ceux d'une clientèle croissante. 

Mais il n'est pas facile de s'y retrouver parmi les allégations des voyagistes qui prétendent offrir des produits de «tourisme durable». Plusieurs utilisent la mention «écotourisme» à toutes les sauces, pour qualifier n'importe quel produit de tourisme d'aventure. On propose aux voyageurs de vivre des sensations fortes en plein cœur de sites naturels peu accessibles. Souvent, ces périples n'ont rien d'écologique!

Pour être vraiment «durable», le tourisme doit répondre à certains critères que vous avez bien identifiés dans votre question.


Réduire son empreinte écologique

Limiter les impacts du voyage sur l'environnement, en évitant la dégradation des milieux naturels. Le respect de la faune et de flore s'impose. On s'abstient de cueillir des plantes, de rapporter des souvenirs prélevés dans la nature et on dépose ses déchets dans les lieux appropriés. On ne peut jamais réduire l'empreinte écologique d'un voyage à zéro, mais entre une expédition en 4x4 sur les dunes et une balade à pied, certains choix s'imposent.

Être sensible à la communauté locale et à la nature

Diriger les retombés économiques du voyage vers les communautés locales en s'assurant, par exemple, que le voyagiste et l'hôtel embauchent des employés locaux et que ceux-ci reçoivent une rémunération équitable pour leur travail. Encore mieux, on choisit un hôtel qui appartient à des gens du coin visité.

Lorsque possible, on sensibilise le voyageur à la beauté et fragilité de la nature, ainsi qu'à la culture locale. Sous prétexte qu'ils ont dépensé une fortune, parcouru la moitié de la circonférence du globe ou qu'ils ne remettront plus jamais les pieds sur le lieu visité, certains voyageurs oublient les règles de civisme de base, prêts à tout pour prendre LA photo qui fera verdir de jalousie les collègues du bureau.

S'informer sur sa destination voyage

Comment choisir un voyage qui respecte ces critères? Vous devrez investir un peu de temps pour vous informer sur les particularités de la destination. Il faudra peut-être aussi accepter de réduire le niveau de confort auquel vous êtes habitué. En effet, de façon générale, les grandes chaînes hôtelières implantées dans les pays en développement et les formules «tout inclus» profitent très peu aux communautés locales.

Internet s'avère un outil précieux pour dénicher un hôtel local. En entrant dans un moteur de recherche des mots clés comme locally owned hotel et le nom de votre destination, vous devriez obtenir quelques pistes. Plusieurs groupes de discussion en ligne et des sites spécialisés, comme TripAdvisor.com, vous permettront de consulter les commentaires et de visionner les photos d'autres clients qui ont visité les hôtels avant vous. Si vous ne voulez pas faire la recherche vous-même, votre agent de voyage pourra vous donner un coup de main.

Une fois sur place, la meilleure façon de choisir des restaurants, des guides ou des expéditions consiste à discuter avec les habitants de l'endroit.

Obligé de prendre l'avion

Qu'en est-il des déplacements? Les avions émettent des gaz à effet de serre (GES) et les émissions de GES en haute altitude contribuent jusqu'à trois fois plus aux changements climatiques qu'au niveau du sol. Toutefois, l'avion est souvent la seule option. Si votre budget vous le permet, vous pouvez compenser les impacts des émissions associées à vos déplacements, en achetant des crédits de GES. Le site Internet de Planetair vous permettra de calculer les émissions qu'engendreront votre voyage et d'acheter des crédits pour les compenser. Les donations serviront à supporter des projets de réduction de GES.

Bon voyage!

Suggestions

Ethiquette.ca (recense quelques agences de voyage qui offrent des produits de tourisme responsable)

Voyages pour la planète (propose plusieurs destinations)