Le troisième Rapport mondial des Nations Unies sur l'évaluation des ressources en eau se distingue des précédents par son ton alarmant. «En dépit du caractère vital de l'eau, le secteur souffre d'un manque chronique d'intérêt politique, d'une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement. Il faut agir d'urgence pour éviter une crise globale», indique le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Koïchiro Matsuura, dans l'introduction du document L'eau dans un monde qui change.

La compétition pour l'eau se dessinera entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d'activité.

Des experts de 25 agences et entités de l'ONU ont travaillé au rapport, publié tous les trois ans, avant le forum mondial de l'eau. Dans celui de 2009, ils insistent sur le rôle joué par l'eau dans le développement et la croissance économique et prévoient que la compétition pour l'eau se dessinera entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d'activité.

Des mesures pour protéger l'eau

Plusieurs pays ont pris des mesures légales pour protéger leurs ressources en eau. Mais ces réformes n'ont guère porté de fruits parce que les actions restent trop souvent cantonnées dans le seul secteur de l'eau, notent les auteurs du rapport. Soulignant qu'un meilleur équilibre devrait être trouvé entre la lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ses effets, ils déplorent le peu de ressources consacrées à l'eau, comparativement aux sommes investies dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. 

L'aide internationale allouée au secteur de l'eau ne représente que près de 5 % du total de l'aide. Pourtant, la ressource est au cœur des problèmes vécus par plusieurs pays en développement. Mais plus encore que l'argent, c'est une prise de conscience politique qui manque, indique le rapport.