La première étude nationale sur l'expérience de la maternité présentée par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) révèle une tendance inquiétante à la médicalisation de l'accouchement au pays. Réalisée entre octobre 2006 et janvier 2007 auprès de plus de 6000 femmes ayant donné naissance au cours des 5 à 14 mois l'ayant précédée, l'enquête démontre que les femmes allaitent en général moins longtemps que prescrit, qu'elles ne sont pas assez informées, notamment sur les techniques pour calmer la douleur, et que les accouchements sont de plus en plus médicalisés.

Tendance à la médicalisation

Le rapport note un nombre élevé de césariennes non nécessaires, d'anesthésies épidurales et de monitorages fœtaux électroniques contre-indiqués. Ainsi, presque toutes les participantes (99,8 %) ont indiqué qu'elles avaient eu au moins une échographie prénatale, la moyenne étant de trois par femme. Six femmes sur dix (62,9 %) ont fait mention d'un monitorage fœtal électronique (MFE) continu, même si les données médicales préconisent l'auscultation intermittente au cours d'un travail normal. À peine 6,5 % des participantes ont indiqué que le MFE n'avait pas du tout été utilisé pendant le travail.

Le déclenchement au moyen de médicaments ou d'autres techniques et l'accélération du travail ont été mentionnés par respectivement 44,8 % et 37,3 % des femmes. Par ailleurs, certaines pratiques non appuyées par des preuves cliniques ont été signalées, entre autres le décubitus dorsal pour l'accouchement et la poussée sur l'abdomen pour diriger le bébé vers le bas pendant l'accouchement par voie vaginale.

Six femmes sur dix demandent une épidurale pour mettre au monde leur enfant - en Europe, c'est une sur trois - et se déclarent pour la majorité satisfaites d'avoir évité la douleur. Pourtant, le déclenchement du travail et l'anesthésie tendent à accroître le nombre de complications, d'accouchements par césarienne ou d'accouchements assistés de forceps ou d'une ventouse obstétricale, souligne le rapport.