Examen d'imagerie médicale qui permet l'étude des structures internes d'une articulation à des fins diagnostiques et/ou thérapeutiques.

Définition

L'arthrographie requiert l'usage de rayons X, plusieurs clichés de l'articulation dans différentes positions et l'injection d'un produit de contraste directement dans la cavité articulaire. On utilise un produit de contraste à base d'iode pour créer un contraste artificiel permettant de mieux visualiser n'importe quelle articulation. Une seule exception: la visualisation de la colonne vertébrale, qui se fait avec l'omnipaque, produit de contraste toléré par le système nerveux central; autrement, l'examen serait dangereux.

 

Le produit de contraste iodé tapisse l'intérieur de la cavité articulaire et permet de voir les structures internes de l'articulation comme les cartilages articulaires, les ménisques du genou, des structures qui ne seraient normalement pas visibles sur la radiographie simple à moins d'être fortement calcifiés et par conséquent naturellement opaques aux rayons X.

 

Que révèle une arthrographie?

L'arthrographie pose ou confirme un diagnostic souvent mis de l'avant par l'examen physique et permet d'apprécier la nature ou l'étendue des anomalies articulaires comme:

  • La réduction du volume de la cavité articulaire (capsulite rétractive);
  • La déchirure de la capsule, par exemple après un traumatisme local;
  • Les débris intra-articulaires;
  • La détérioration du cartilage articulaire en cas d'arthrite inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde) et non inflammatoire (arthrose);
  • Une déchirure des ménisques du genou, comme après une chute en ski par exemple.

 

Elle peut révéler la présence d'une tumeur bénigne ou maligne qui se serait développée dans l'articulation, mais ne permet pas de faire des prélèvements (biopsies) dans les zones suspectes.

 

L'opacification de la cavité articulaire par l'arthrographie permet d'identifier le site d'un éventuel prélèvement de liquide pour étude bactériologique ou d'injecter certains médicaments comme les corticoïdes (cortisone), des dérivés isotopiques (itrium, herbium radioactif) et l'acide osmique.

 

Des clichés radiologiques de l'articulation pris avant l'injection du produit de contraste seront comparés à ceux réalisés après l'injection.

 

L'arthrographie comporte-t-elle des risques d'irradiation?

En ce qui concerne l'irradiation, aucun risque n'a pu être démontré compte tenu des faibles doses de rayons X utilisées et des mesures prises pour limiter le champ d'exposition à la zone examinée.

 

Comment se pratique l'arthrographie?

L'examen, qui dure de 20 à 30 minutes, est pratiqué par le médecin radiologue et ne nécessite aucune préparation particulière sauf en cas d'allergie à l'iode. Dans ce dernier cas, le patient doit prendre des antihistaminiques (diphenhydramine / Benadryl®) par la bouche la veille et le jour même de l'examen.

 

L'injection du produit de contraste sous radioscopie télévisée se fait dans des conditions stériles. La peau sus-jacente à l'articulation est désinfectée avec une solution à base de povidone-iode (Betadine®).

 

Est-ce que l'arthrographie est douloureuse?

Outre la douleur de la piqûre et la sensation de tension dans l'articulation au moment de l'injection, il ne s'agit pas d'un examen douloureux. Toutefois, une anesthésie locale pourra être faite selon les circonstances cliniques et le type d'articulation à étudier, particulièrement l'épaule, le genou et la hanche.

 

D'autres examens peuvent-ils être nécessaires?

L'arthrographie peut être complétée par un scanner de l'articulation (arthroscanner) qui précisera certains détails anatomiques de cette articulation (cartilage articulaire, lésion ligamentaire, etc.) L'arthroscanner est réalisé immédiatement après l'arthrographie et ne nécessite pas de nouvelle ponction de la cavité articulaire ou d'injection.

 

Peut-on marcher normalement après une arthrographie?

Après l'examen, l'articulation est mise au repos pour quelques heures afin de limiter le développement de douleur et/ou de gonflement (épanchement) articulaire. Sport et physiothérapie sont interrompus pendant 48 heures.

 

Quelles sont les complications de l'arthrographie?

Même réalisée dans les meilleures conditions, toute intervention comporte un risque de complications, l'arthrographie comprise.

 

Durant l'examen, une réaction allergique au produit de contraste peut se développer. Lorsque présentes, ces réactions sont généralement mineures, sans conséquences et rapidement résolues par l'administration d'antihistaminique (diphenhydramine / Benadryl®) ou de glucocorticoïdes (cortisone) si la réaction allergique est plus importante.

 

La piqûre peut être responsable d'un petit hématome (accumulation de sang) sans gravité au site de ponction et qui disparaîtra en quelques jours. Les hémorragies intra-articulaires sont par ailleurs très rares.

 

Quelques heures après l'injection, l'articulation peut présenter une réaction inflammatoire avec douleur, une limitation de mouvement et un gonflement local (épanchement). Il s'agit d'une réaction synoviale (membrane qui recouvre l'intérieur de l'articulation) qui guérit en quelques jours avec l'application locale de glace et la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'acide acétyl-salycilique, l'ibuprofène. Parfois, une nouvelle ponction articulaire (arthrocentèse) sera nécessaire pour évacuer une trop grande quantité de liquide inflammatoire accumulé.

 

Enfin, malgré les mesures d'asepsie prises lors de l'examen, il arrive dans de très rares cas que l'articulation soit infectée, entraînant ainsi une arthrite septique. Les symptômes d'une telle infection apparaissent deux à trois jours après l'intervention. L'articulation touchée est rouge, chaude, douloureuse, non fonctionnelle et le tout s'accompagne de fièvre. Cette condition nécessitera un traitement approprié: antibiotiques et drainage (ponction) de l'articulation en milieu spécialisé.