Vous parlez de relations sexuelles fréquentes et pouvant être répétées plusieurs fois dans une soirée. Chose importante, vous indiquez aussi que la pénétration peut durer longtemps avant que vous arriviez à l'éjaculation, au point où cela devient pénible pour votre partenaire.

Vous ne précisez pas si vous vous masturbez en plus d'avoir des rapports sexuels. Vous ne parlez pas de la satisfaction ou du plaisir éprouvés lors de l'éjaculation ni de la façon dont vous vivez cette recherche constante de rapports.

Plusieurs facteurs peuvent entraîner le sentiment d'être insatiable. Très souvent, la sexualité permet de relâcher une partie de la tension nerveuse et physique. Mais si elle est très mécanique (centrée plus sur l'aboutissement, l'orgasme, que sur la notion de plaisir dans l'excitation), il se peut que l'éjaculation ne procure pas un sentiment de satisfaction globale ni une décharge totale.


Vous semblez «travailler fort» pour parvenir à éjaculer. Plus d'une heure de va-et-vient devient habituellement désagréable, voire douloureux, pour la partenaire. Le désir n'est plus nourri lorsque le temps avant d'arriver à l'éjaculation est aussi long. La plupart des femmes ont alors l'impression de ne pas exciter leur partenaire. Quant à la capacité d'avoir plusieurs rapports au cours d'une même soirée, elle fait partie des choses possibles chez l'homme, même si en général, on observe l'apparition d'une période réfractaire qui entraîne une difficulté à obtenir une nouvelle érection.

Vous êtes-vous déjà masturbé et, si oui, de quelle façon vous y prenez-vous? Utilisez-vous du matériel visuel, votre imaginaire, ou stimulez-vous simplement votre pénis en tâchant de faire monter assez l'excitation pour arriver à l'éjaculation?

Lorsqu'on commence à rechercher aussi assidûment les rapports sexuels, il est important de bien évaluer la situation. Plusieurs hommes ressentiront un besoin de se masturber de façon fréquente (plusieurs fois par jour). Souvent, ce besoin n'est pas que sexuel. C'est une manière de gérer des tensions et des inconforts du quotidien. Parce qu'elles sont répétitives et cachées (notamment pour éviter les conflits), la masturbation ou la sexualité compulsives finissent aussi par entraîner des émotions négatives et une mauvaise perception de soi. Cette dernière accroît les tensions et l'anxiété, ce qui contribue au maintien du problème.

Vous dites aussi commencer à éprouver des difficultés avec votre conjointe, sans en préciser la nature. Je formule l'hypothèse qu'elle doit trouver vos demandes exigeantes et ne pas avoir le sentiment que vous la désirez, mais plutôt que vous l'utilisez pour arriver à vous «vider».

Je vous suggère donc de commencer par vous poser les questions suivantes: êtes-vous stressé ou anxieux? Comment gérez-vous vos émotions? Un grand nombre de personnes qui se disent insatiables ou qui présentent des comportements sexuels compulsifs ont des difficultés sur les plans affectif et relationnel ou ont une image négative d'elles-mêmes. Elles expriment souvent que c'est le seul temps dont elles disposent pour elles seules.

La tension ressentie physiquement à cause de ces émotions se retrouve fréquemment au niveau du ventre. De là à la codifier comme sexuelle au lieu de la vivre simplement comme ce qu'elle est, il n'y a qu'un pas. De plus, lorsqu'elle est déchargée durant le rapport, elle l'est rarement en entier, et cela ne procure pas un sentiment de satisfaction. C'est un peu comme faire sortir le surplus de vapeur. Il n'est donc pas nécessaire de vivre beaucoup de stimulation pour avoir l'impression de devoir recommencer à tenter d'évacuer cette tension.

Je vous suggère de consulter un ou une sexologue dans votre région. Une approche sexocorporelle pourrait vous aider à bien distinguer le désir du besoin de décharger une tension par la sexualité.