Microbiologiste et professeur titulaire à la faculté de médecine de l'Université de Montréal, le Dr Jean Barbeau a accepté de répondre aux questions les plus courantes sur le vaccin contre la grippe A (H1N1).

Comment expliquez-vous que des personnes refusent de se faire vacciner?

Les campagnes de vaccination ont été victimes de leur succès. Nous avons tellement fait reculer certaines infections que des générations entières ne savent pas à quoi ressemble la polio, la coqueluche, la diphtérie et encore moins la variole. Les vaccins, les antibiotiques, les avancées de la médecine ont contribué à déplacer notre perception des risques vers d'autres préoccupations. L'autre problème, c'est que les vaccins sont destinés aux gens qui ne sont pas malades, pas encore infectés. Ajoutons que la communauté scientifique n'a pas fait un bon travail de communication pour expliquer les vaccins. Ce faisant, nous avons laissé le champ libre aux faux experts qui ont attisé les peurs.

La vaccination comporte quand même des risques, non?

Nous avons tous une balance dans la tête qui soupèse quotidiennement les risques, comme celui de prendre l'avion le lendemain d'une catastrophe aérienne. Le risque zéro n'existe pas. La vaste majorité des effets indésirables aux vaccins sont bénins; les cas graves sont rares. Les effets indésirables des infections (grippe, hépatite, rougeole) sont beaucoup plus fréquents et dévastateurs que ceux des vaccins qui peuvent les prévenir.

Le vaccin a-t-il été conçu trop rapidement?

Non. La façon de produire le vaccin contre l'influenza, ou la grippe, aujourd'hui, est essentiellement la même que celle mise au point dans les années 1950: dans des œufs. Rien de bien nouveau donc pour celui de 2009, sinon la présence de l'adjuvant à base de squalène. Finalement, le vaccin pandémique n'est nouveau que par la souche du virus que nous avons utilisée. Les tests cliniques ont été réalisés dans les règles de l'art.

  

Consultez nos autres articles sur la vaccination et les vaccins.