Lorsque l'adolescent souffre d’un mal de vivre, la création artistique, puissant outil d’expression, peut l’aider à transformer ses maux en mots.
Après avoir lu ton dernier bulletin, tes parents menacent de te foutre à la porte, ton meilleur ami fait courir des rumeurs sur ton orientation sexuelle et ta blonde vient de te quitter pour un gars qui, lui, n'est pas asthmatique. Bref, tu es mauvais en classe, rejeté par tes parents, tu ne «pognes» pas et tu es malade des poumons? Chanceux, va! Tu seras bientôt riche et célèbre!
Créer plutôt que détruire
Je ne plaisante qu'à moitié. Mais autant on a besoin de nourriture, d'eau, de sommeil et de sexe, autant on a besoin d'art pour nourrir son esprit. À tous les âges de la vie, la création artistique peut devenir un puissant outil d'expression. Principalement lorsque l'on est adolescent et que l'on vit intensément toutes les émotions qui nous assaillent. À cette période, créer, c'est canaliser cette formidable énergie qui nous remue: certains voudraient tout foutre en l'air, voudraient se faire sauter la cervelle, voudraient faire exploser le stade olympique, avec la foule dedans. D'autres font des symphonies, des romans, des tableaux, des chaises, des poèmes ou inventent des logiciels. Au lieu de mettre la «switch» à «Off», ils la mettent à «On». Et ils créent.
Les émotions difficiles: une énergie renouvelable!
C'est souvent dans la souffrance que les grands créateurs de l'humanité ont puisé leur inspiration pour générer leurs plus grandes oeuvres: Bill Gates, l'homme le plus riche du monde, était un vrai «nerd» à l'adolescence. Beethoven, le grand compositeur, est devenu sourd dans la trentaine. Maurice Richard n'était qu'un misérable petit «French Canadian» pour les gens qui le payaient. Albert Einstein a été handicapé, tout petit, par des troubles de langage. Au lieu de tout casser, ces gens ont canalisé leur violence dans la création. Imagine les dégâts qu'ils auraient pu faire s'ils avaient donné libre cours à leur colère!

