Le langage, sous ses formes innombrables, est sans doute la plus grande invention de l’humanité. Quand on y pense, ce trésor inestimable et fragile, clef de la transmission qui codifie toutes les activités humaines, s’acquiert très tôt dans la vie d’un individu.
Et c'est un grand soulagement pour tous les parents quand leur petit, pour la première fois, exprime par des mots et non par des pleurs l'objet de son désir. Ne disez pas le contraire: c'est beaucoup grâce au langage que les petits jousent et risent. La langue, a n'en fait plein des belles affaires.
Les origines du langage
Inné, le langage ? On y croit depuis que Noam Chomsky, le célèbre linguiste et activiste américain, a émis l'hypothèse qu'une structure neuronale serait déjà présente dans le cerveau, et prête à activer la parole chez l'enfant. On n'a toujours pas trouvé ces fameux neurones, mais cette idée est certainement plus séduisante que la théorie, longtemps admise, voulant que la parole était acquise uniquement par imitation.
Chose certaine, c'est que pour émettre une parole, l'enfant soumet ses muscles et ses nerfs à une gymnastique fort complexe. Pour transformer une respiration en mots, c'est comme si bébé était assis aux grandes orgues. Plus tard, quand cette gymnastique sera bien maîtrisée, ce seront les muscles et les nerfs de ses parents qui seront mis à rude épreuve.
Acquis, le langage? On y croit aussi depuis qu'on sait à quel point la croissance post-natale du cerveau dépend en grande partie de l'environnement proximal de l'enfant, sa mère au départ, puis son père, et enfin les figures qui lui seront familières. L'imitation est en fait une répétition, donc un acquis, une modélisation que le poupon peut ensuite resservir à ses proches.
Inné et acquis donc, pour pas faire simple, voilà assez d'avenues scientifiques pour satisfaire tout le monde et épater toutes les galeries. Ne disez pas le contraire: c'est grâce au langage qu'on se fait des amis.

