Les femmes éduquées font moins d'enfants, mais des enfants en meilleure santé, et des familles plus prospères. Qui, alors, leur ferme au nez la porte des écoles?

En 1990 s'est tenue à Jomtien en Thaïlande la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, ayant pour but d'universaliser l'enseignement primaire et de réduire l'analphabétisme.

Dix ans plus tard, en 2000, à Dakar, six objectifs clés ont été définis pour répondre aux besoins d'apprentissage de tous les enfants. Un des objectifs visait la parité entre les sexes pour 2005. Cette année-là, on aurait dû retrouver au moins autant de filles que de garçons sur les bancs des écoles primaires et secondaires.

Malheureusement, plus de 90 pays n'ont pas atteint cet objectif.

Filles privées d'un droit fondamental

En Afrique subsaharienne, l'indice de parité entre les sexes dans l'enseignement au primaire est de 0,86 en 2005 (un IPS de 1 indique une parité entre les sexes), soit l'écart entre les sexes le plus important de toutes les régions du monde. Le taux de scolarisation des garçons est dans la majorité des cas supérieur à celui des filles.

Au Bénin, pays d'Afrique de l'Ouest, le taux des garçons scolarisés dépasse de 20% celui des filles. Dans ce pays, qui jouit pourtant d'une stabilité politique et économique, à peine 50% des files fréquentent l'école primaire. La moitié des filles du pays est privée du droit fondamental à l'éducation.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce phénomène. Les filles restent souvent à la maison en raison de la pauvreté et des frais élevés de scolarisation. Certains parents considèrent inutile l'éducation des filles, qui sont bien plus utiles, selon eux, aux tâches domestiques; le manque d'infrastructures et d'équipements ne fait qu'aggraver la situation.

Par contraste, dans quelques pays d'Afrique australe et d'Afrique de l'Est, comme la Namibie, le Lesotho, le Malawi, les îles Maurice et la Zambie, il existe une légère différence dans les taux de scolarisation entre les sexes et ce, à l'avantage des filles. Dans ces pays, les garçons participent traditionnellement à l'élevage du bétail, au détriment de leurs études.