Rencontre avec Francine Laurendeau, critique de cinéma qui, depuis une trentaine d’années, a animé et réalisé de nombreuses émissions radio sur l’innocence illusoire.
Georgette Duchaîne: Francine Laurendeau, comment devient-on critique de cinéma?
Francine Laurendeau: Il y a bien des portes pour entrer dans le cinéma; la mienne a été les sciences politiques, le domaine dans lequel j'ai fait mes études à Paris. De retour au Québec, je suis devenue journaliste en affaires publiques à la radio de Radio-Canada. J'ai toujours été fascinée par le cinéma. Dès le secondaire j'étais une assidue du ciné-club, mais c'est plus tard que j'ai compris que je voulais faire ma vie dans ce domaine. J'ai finalement obtenu de changer de secteur et j'ai animé et réalisé ma propre émission sur le cinéma, ce que je fais toujours à Radio Centre-Ville. Parallèlement, j'ai écrit pour des revues de cinéma et Le Devoir pendant dix-huit ans. Présentement je collabore à la revue Séquences.
G. D.: Qu'est-ce que c'est, pour vous, la critique d'un film?
F. L.: En fait, je ne critique pas les films. Je montre le lien entre l'oeuvre et le public. Je fais une mise en contexte: dans quel cheminement s'inscrit le film, quel est son impact sur la société. C'est cet aspect du septième art qui m'intéresse.
L'Erreur boréale
G. D.: Vous croyez donc que le cinéma peut exercer une influence sur la société?
F. L.: Certainement. Prenez par exemple le film de Richard Desjardins L'Erreur boréale. Voilà un film qui, en plus d'ameuter l'opinion publique, a provoqué une onde de choc qui a poussé les élus à répondre de la situation et entreprendre d'y remédier. Et qui sait, peut-être a-t-il donné à des jeunes l'idée d'aller en foresterie? Ce film, en soulevant de grandes émotions, a contribué à changer les choses.

