Une forme de liberté
Durant ses quatre années d'études à L'École nationale de théâtre, elle fait connaissance avec ses forces et ses faiblesses, mais elle apprend aussi à accepter de se dévoiler, de repousser ses limites, d'aller au fond d'elle-même. «À l'École, étant donné que tu es ton propre instrument d'étude et ton propre instrument de travail, tu ne peux pas te sauver de toi-même. C'est une expérience extrêmement confrontante. Or, si tu veux aller plus loin comme acteur, il faut que tu acceptes de te dépasser, d'aller au-delà de tes schèmes psychologiques, de tes patterns, pour accéder à une certaine forme de liberté. D'ailleurs à l'époque, André Brassard, qui était notre directeur, nous disait que l'École pouvait nous permettre d'apprendre en quatre ans, ce que nous mettrions 20 ans à apprendre dans la vie. Yves Desgagné, qui fut aussi mon professeur, ajoutait que pratiquer ce métier avait fait de lui un meilleur être humain.»
De l'ordre de l'intuition
Aujourd'hui, plus de douze ans ont passé depuis que Caroline Binet a franchi les portes de l'École nationale de théâtre, diplôme en poche. Pour la comédienne en demande et la metteure en scène prolifique qu'elle est devenue, jouer ou monter des textes classiques ou contemporains, des drames foudroyants ou des comédies farfelues, sont autant d'occasions de vivre des expériences humaines hors du communs, des aventures que sa propre existence ne lui permettent pas toujours de connaître.
«Quand on crée en groupe, il faut de l'humilité, de l'écoute, mais aussi de la confiance en soi, pour avoir l'audace de proposer ce que tu ressens, d'exprimer aux autres ce qui est en fait de l'ordre de l'intuition. C'est un art qui exige d'être en contact avec toute la gamme des émotions possibles, tout en étant ouvert à ce qui se passe autours se soi. Évidemment, bien souvent aussi, c'est très cathartique.»

