Le guide spirituel et le libre arbitre

Passons maintenant au «guide» et à la direction spirituelle qu'il propose. Selon plusieurs experts en la matière, cette dernière ne doit pas remplacer la prise de décision personnelle. C'est donc dire que le guide doit respecter la volonté du disciple et garder une certaine distance pour ne pas empiéter sur sa liberté. Cela n'est possible que si le maître ne se considère pas meilleur ou plus parfait que le disciple.

Un prêtre catholique français écrit que pour lui, un guide spirituel doit toujours se rappeler qu'il est «un chrétien appelé à se convertir, à suivre Jésus Christ et à répondre librement à son appel.» Remplaçons chrétien par bouddhiste ou musulman, Jésus Christ par Bouddha ou Mahomet et nous avons là une vérité universelle. Certes, il possède une expérience et une science qui peuvent intéresser son interlocuteur, mais il demeure un être humain avec ses forces et des faiblesses. Il n'est pas la vérité incarnée. Il ne fait qu'en suggérer une.

La relation qui s'établit entre la personne et son «guide spirituel» doit être basée sur la confiance et le respect mutuel. Le disciple doit être libre de cesser cette relation. S'il s'avère que le maître erre dans certains conseils, la personne qui le consulte doit être en mesure de les refuser. Le disciple peut interdire au maître de s'aventurer dans certaines problématiques s'il n'est pas prêt.

En bref, le maître spirituel est tout autre qu'un gourou convaincu d'avoir la Vérité et qui l'impose. Il accompagne le disciple sur un chemin qu'il trouve sécurisant, tout en le laissant choisir son propre chemin pour y parvenir.

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