Quatre principes et considérations
Bien entendu, la recette «spiritualiste» n'est pas magique. Plutôt que de valoriser l'exceptionnel, ne vaut-il pas mieux nous rappeler quelques principes et autres considérations? Les sciences humaines ne cessent de rappeler à notre chère humanité qu'elle peut aspirer à plus grand et à plus loin que ses préoccupations immédiates.
1. En santé ou mal en point, l'être humain est d'abord une personne constituée d'un corps et d'esprit. Nos propos seront valables dans la mesure où nous tenons compte des deux «parties» en cause. Une vision globale et de la santé et de la spiritualité s'impose, sans pour autant inféoder le corps et l'esprit à l'un ou à l'autre. De même, on se doit de respecter les rôles et compétences dans chaque domaine.
2. Pas plus qu'elle n'est la propriété d'une seule religion, la spiritualité n'est pas un absolu en soi. La santé, non plus. Les deux, du domaine de l'observation et parfois de l'hypothèse, demeurent dans l¿ordre du devenir. Le corps a ses lois. L'esprit aussi. La médecine savante a des exigences. La spiritualité a les siennes. Face à une maladie chronique par exemple, elle proposera l'oraison, la solidarité avec les autres malades, l'offrande à plus grand que soi, l'allégeance aux forces vives de l'âme, les vertus du saint abandon, ou encore, la délivrance selon certaines lois du karma. Une fois «la petite flamme de l'espérance» (Péguy) allumée, le potentiel spirituel de la personne est énorme.
La puissance de l'esprit est telle qu'elle peut s'affirmer à travers la maladie et même composer avec des infirmités physiques majeures. Tout comme la puissance de l'amour qui agit si souvent au-delà des normes attendues.
3. La santé n'est pas un dû. Pas plus que la vie. Pas plus que le siècle qui me reçoit. La guérison est un don, mais elle peut s'exprimer autrement. Plusieurs héros de la sainteté tels Paul de Tarse, François d'Assise ou Thérèse de Lisieux ont trouvé dans l'inconfort de la maladie la force qui leur a permis de se réjouir de leur condition physique. Pourtant, ces mystiques savaient de par leur tradition spirituelle que «nulle richesse n'est comparable à la santé du corps» (Siracide 30,16).
4. C'est ainsi que, par leur esprit, l'homme et la femme ont le pouvoir, plutôt que de dominer la maladie, de se trouver des motivations additionnelles. La spiritualité agit souvent à long terme et selon ses critères. Elle crée des aptitudes à gérer les inconforts de la souffrance physique et à lui attribuer des rôles libérateurs.

