L'écriture du journal intime permet de prendre le pouls de notre vie, selon la psychologue Marielle Bergeron. On suggère souvent cette activité à ceux qui aiment écrire, mais tout le monde peut apprivoiser une telle forme d'introspection.

Il ne s'agit pas bien sûr de faire la chronologie des événements. Rédiger, heure par heure, ce qui s'est passé dans la journée n'a guère d'intérêt. Ce qu'il faut, c'est laisser monter les émotions liées aux moments forts de la journée, puis traduire en mots ce que l'on ressent, sans essayer d'analyser. Il ne s'agit pas de «penser» notre vie, mais de la «ressentir».

On n'accorde aucune importance au style ou à l'orthographe. On ne se censure pas non plus et l'on ne se juge pas. On n'essaie pas de faire joli, intelligent, sage ou poétique. C'est le processus qui compte, et non le résultat. Ce qui émerge naturellement s'écrit facilement, librement, même si l'agressivité, la hargne ou l'amertume se mettent parfois de la partie.»

Le rôle du journal intime

Marielle Bergeron explique: «Lorsque vous écrivez votre journal, vous mettez en mots vos émotions. Dans un premier temps, il peut vous arriver d'accuser l'autre. Puis, peu à peu, au fil des mots, vous prenez une distance par rapport à vos émotions, vous les transcendez en quelque sorte. Votre coeur s'apaise. L'écriture permet ainsi de relativiser les choses. Et d'en apprendre un peu plus sur vous-même. Chaque événement de notre vie, même blessant, a une importance et peut nous aider à grandir.»

Le journal intime ne sert pas qu'à exprimer les émotions négatives, bien sûr. Les moments de bonheur y ont aussi leur place. Un moine bouddhiste a déjà dit: «Tout souvenir, positif ou négatif, est comme une graine que l'on plante: chaque fois qu'on y repense, c'est comme si l'on arrosait la plante, qui grossit de plus en plus.» À moins d'être masochiste, personne n'aime laisser toute la place au négatif. Par contre, les souvenirs heureux, on peut se les remémorer ad vitam æternam. Cela fait du bien au coeur. Et cela peut aider à cicatriser les blessures.

Lire aussi: La lettre réparatrice