Après la mort de son petit garçon de sept ans, Sophie a commencé à écrire son journal. Chaque soir, avant de s'endormir, elle laissait sortir sa peine, qui était immense.
« J'écrivais à Vincent. Je ne censurais rien. Je reprenais les mêmes mots, ces petits mots doux que je lui avais déjà dits. Cela commençait toujours par: " Mon trésor, mon petit homme, mon bel amour... " Je lui racontais que je me souvenais de son sourire, de son regard bleu, de sa chevelure dorée, du son de sa voix, de la façon qu'il avait de plonger sa cuillère dans son bol de céréales, de son énergie, de son humour, de son oreille musicale, du joli mot qu'il m'avait écrit pour mon anniversaire, quelques jours avant son accident de vélo. Je lui disais que je ne l'oublierais jamais. Mes larmes se tarissaient, je refermais le journal et je m'endormais. J'ai écrit pendant des mois. Puis, au fil du temps, mon chagrin a été moins difficile à porter. »
Sophie a conservé ce journal taché de larmes. Parfois, elle l'ouvre et y retrouve toute l'émotion qui la submergeait alors. Elle réalise à quel point une mère aime son enfant. À quel point aussi les grandes peines se guérissent. À quel point la vie est forte et nous pousse en avant. Toujours.
Des clés pour maximiser les bienfaits du journal intime
Vous voilà maintenant prêt à entreprendre la rédaction de votre journal intime? Commencez par créer un climat favorable avant de vous lancer dans l'aventure, de faire ce beau voyage à l'intérieur de vous, suggère Marielle Bergeron. Détendez-vous, allez marcher un peu, prenez un bain chaud, faites quelques exercices de relaxation. Puis installez-vous à votre table et écrivez. Écrivez ce qui vous vient en tête. Vos propos vous semblent absurdes? Cela n'a aucune espèce d'importance. Continuez.
« La première fois, je me suis mise à écrire sur la pluie qui tombait ce soir-là , raconte Élyse. Puis, lentement, j'en suis venue à parler de mon amour de l'eau. Je regrettais de ne pas être allée à la mer depuis 10 ans. Les mots sortaient pêle-mêle. J'avais besoin de parler de l'eau, de la mer, que j'aime tellement! Je riais toute seule. J'ai écrit, écrit, dans une euphorie qui me faisait du bien. Quand j'ai refermé mon cahier, il était deux heures du matin. Je me sentais tellement bien! »
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Suggestion de lecture
Le nouveau journal créatif, Anne-Marie Jobin, Le jour, 2010, 320 pages.

