Éviter la brisure
La dernière chose que l'on puisse souhaiter dans pareille situation, c'est la perte de contact, la brisure, par exemple la fin d'une amitié. Restez donc autant que possible aux cotés de la victime. Seul l'adepte peut expliquer ce qui l'a conduit à devenir adepte d'une secte et il ne peut le faire qu'à une personne de confiance, un ami ou un parent, comme vous. Votre oreille demeure donc le fil conducteur entre sa secte et notre monde, peu importe si ce qui sort de votre bouche n'a pas l'air d'être entendu. Le dialogue, aussi superficiel qu'il puisse être, ouvre une fenêtre sur le vécu de l'adepte et sur la secte, sur les croyances et les activités de celle-ci. Le tête-à -tête est essentiel et doit être maintenu.
Heureux d'avoir découvert la Vérité, votre proche tentera sans doute de vous convertir à votre tour. Il faudra alors vous montrer à la fois ferme et respectueux de son cheminement. L'adepte ne doit jamais avoir l'impression que vous êtes d'accord avec son choix. Il doit, par contre, sentir votre respect, votre ouverture d'esprit. Dans ce dialogue, chacun doit trouver son compte.
Il faut retenir que l'adepte a une image brouillée de ses relations avec autrui. «Le discernement est ombragé par ce mal à l'aise intérieur», a déjà dit l'auteure Gabrielle Lavallée, dont un gourou lui avait coupé un bras, justement pour la soulager de son «mal». Se sentant jugé, désapprouvé, l'adepte peut facilement être précipité dans la honte. Son estime de soi déjà fragilisée, il risquera alors de s'enfoncer dans un désarroi tel que seul un gourou pourra le soulager.

