Vous avez le cafard, votre manque de libido vous inquiète et votre poids monte en flèche? Vous pourriez souffrir de la dépression saisonnière ou du trouble affectif saisonnier. Une maladie méconnue à prendre au sérieux.
La plupart des personnes des pays nordiques connaissent un blues à degrés divers, à un moment donné, pendant la saison froide. Environ 900 000 Canadiens, dont les trois quarts sont des femmes, souffrent toutefois d'une réelle dépression liée à un manque de lumière naturelle.
Si la dépression saisonnière partage certains symptômes avec la dépression classique, comme la léthargie et une difficulté de concentration, elle s'en démarque par la présence d'hypersomnie et d'un gain de poids. Ces symptômes sont contraires à ceux associés à la dépression classique, comme l'insomnie et un manque d'appétit. Les symptômes du trouble affectif saisonnier se manifestent aussi de manière épisodique, du mois d'octobre au mois d'avril. Ils disparaissent progressivement au printemps ou spontanément durant un voyage dans un pays du Sud. En général, ils reviennent avec l'automne.
Des causes mal identifiées
Le manque de lumière est envisagé comme une des principales causes de la dépression saisonnière, mais ses mécanismes exacts sont encore mal compris. «Selon certains spécialistes, ce trouble résulterait d'un dérèglement de deux principaux neurotransmetteurs présents dans le cerveau et dans l'œil: la sérotonine et la dopamine», explique Gilles Vandewalle, qui étudie actuellement les effets biologiques de la lumière sur le cerveau et le fonctionnement de la rétine chez les personnes qui souffrent de dépression saisonnière. Cette étude a lieu dans le cadre d'un postdoctorat à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. «Un tel dérèglement surviendrait suite à la diminution de la photopériode, à l'automne.»
«L'équipe du professeur Marc Hébert, de l'Université Laval, a récemment démontré que la fonction rétinienne diminuait significativement entre l'été et l'automne chez les personnes souffrant de dépression hivernale», renchérit le chercheur.

