L’enfant anxieux risque de voir son développement et ses apprentissages compromis. L’attention, l’autonomie, les rapports avec l’autre, autant de compétences qui sont tributaires des émotions. Voici une technique pour aider l’enfant à surmonter son anxiété.
Les parents d'enfants anxieux se demandent souvent pourquoi leurs enfants ont développé tel ou tel comportement de peur ou de panique. Au-delà de certaines explications dues au tempérament, au style d'attachement ou aux techniques éducatives, autant de bonnes raisons de développer de l'anxiété, la piste des manifestations post-traumatiques doit toujours être considérée.
L'empreinte laissée par une épreuve
Un traumatisme, c'est l'empreinte laissée par une épreuve. Comme une blessure physique qui peut être parfaitement guérie et laisser des cicatrices ou des douleurs chroniques, une blessure psychique peut laisser des cicatrices invisibles, mais tout aussi douloureuses. Dans l'univers des épreuves mal assimilées, le sujet peut stagner à l'âge de l'évènement traumatisant, comme si une partie de sa personne avait cessé de grandir au moment où le drame s'est produit. Son cerveau limbique continue d'assister à des entrées et des sorties d'informations si souffrantes pour l'hippocampe qu'elles demeurent ingérables. À la moindre tentative de digestion de la souffrance, l'amygdale cérébrale réagit en force par les fameux «fight, flight, or freeze»: combattre, fuir ou figer.
L'enfant anxieux qui a six ans d'âge physique et six ans d'âge cognitif peut avoir un an d'âge émotif face à certaines situations. Son néo-cortex a progressé, mais sa blessure est toujours là, intraitable ou plutôt difficile à traiter sans intervention extérieure. Nul besoin d'avoir été tenu à la pointe d'un couteau pour demeurer terrorisé par quelque chose: une petite humiliation ou une peur mal réconfortée peuvent avoir laissé chez un enfant parfaitement normal des traces qui peuvent nuire à son fonctionnement et le laisser particulièrement anxieux.
Curieusement, l'épreuve est question de perception, pas de réalité objective: ce qui rend l'évènement souffrant n'est pas son intensité en soi, mais la perception irrationnelle de danger, de culpabilité ou de perte totale de contrôle sur sa vie qu'il peut laisser.

