Les timides sont nombreux, mais on ne les détecte pas tous. Certains sont des leaders, de très grands artistes ou des hommes de combat. Jean-Jacques Rousseau souffrait de timidité, Napoléon également, de même que le célèbre acteur Louis Jouvet - on dit qu'il entrait en scène en sueur. La chose n'est pas étonnante: quand on est vraiment timide, on devient soit désespéré, soit performant! Mais exceller dans une carrière n'empêche pas, hélas, la souffrance engendrée par une trop grande timidité. Souffrance qui ne se calme que lorsqu'on se retrouve entre les quatre murs de sa maison.

Réserve, timidité ou phobie sociale?
«Les personnes timides croient souvent qu'elles doivent accepter leur timidité comme un handicap qu'elles devront supporter toute leur vie, observe le psychologue clinicien Michel Saint-Hilaire. Elles ont tort: il est possible de cesser d'avoir peur des autres, d'aller vers autrui sans rougir, d'arriver à parler en public sans perdre tous ses moyens. Mais attention: il faut faire la distinction entre timidité et réserve, qui est une sorte de pudeur, de délicatesse d'âme, avec laquelle on vit très bien, et qui n'a rien à voir avec la véritable timidité qui, elle, peut faire profondément souffrir celui qui en est affligé. Il y a par ailleurs toutes sortes de timides: des timides modérés aux timides maladifs qui, eux, souffrent carrément de phobie sociale.»