Et si ça cachait quelque chose...

Les deux psychologues s'entendent pour dire que, dans certains cas, la décision de vivre séparément peut cacher autre chose. «Je pense que bien de gens ont peur de s'ennuyer s'ils restent toujours avec la même personne. On vit plus longtemps qu'avant et l'idée de vivre sous le même toit que quelqu'un d'autre pendant 50 ou même 70 ans peut faire peur», observe Micheline Dubé. «Souvent, dans une relation, on voudrait juste se voir beaux ou sous notre meilleur jour. Ce n'est pas réaliste. C'est sûr que ça entretient le désir, mais il ne faut pas oublier qu'on vieillit tous.»

François St Père, lui, croit que le fait de ne pas vouloir cohabiter avec son conjoint peut cacher une peur d'être laissé. «Certaines personnes ont dû recommencer leur vie à zéro après une rupture et elles ont peur de tout perdre à nouveau. Pour elles, ça devient une façon de se protéger que de garder chacun leur chez-soi. Quand on n'habite pas ensemble, l'amour peut être aussi fort, mais c'est sûr que l'engagement est moins grand, en ce sens qu'on ne partage pas, par exemple, de responsabilités familiales ou financières», fait-il remarquer.

Mots clés: confiance et honnêteté

Une chose est certaine, selon la psychologue Micheline Dubé, c'est qu'une relation de ce type exige une grande maturité affective. «Quand on n'habite pas avec son conjoint, il faut avoir une grande confiance en soi et en l'autre, encore plus que si on vit ensemble. Le fait de ne pas avoir l'autre à l'oeil et de ne pas le voir tous les jours peut créer un grand sentiment d'insécurité. C'est essentiel d'avoir une communication franche et honnête et d'être capable de laisser l'autre exister, tout en partageant des bouts de vie».

François St Père ajoute qu'il est important, pour le couple, de bien définir les balises de la relation, par exemple sur la question de la fidélité. «Je suggère aussi à ces couples de discuter du partage des dépenses pour les activités et les voyages communs. Enfin, il ne faut pas hésiter à parler de l'engagement des partenaires. On vit séparément, mais il se passera quoi, par exemple, si l'un des deux est malade et a besoin de soutien? Même dans une relation où l'on vit sous différents toits, on veut sentir qu'on est important pour l'autre», conclut le psychologue.

Le saviez-vous?
Environ 5% des couples québécois choisissent, à long terme, de ne pas vivre sous le même toit.