Jouer le rôle de la «sauveuse»
Cathy, qui a rompu avec Jean, alcoolique et père de sa fille de quatre ans, raconte: «Je suis magnétisée par les alcooliques. Leur personnalité m'attire, même si je sais que je serai malheureuse avec eux. Ils sont souvent gentils, généreux, tendres, comme l'était mon père... quand il ne buvait pas.» Chaque fois, le lien se tisse dans l'euphorie, mais le couple est bientôt saboté par l'alcoolisme de l'homme. Cathy se transforme alors en «sauveuse».
«Je fais tout ce que je peux pour sauver notre amour. Mais, chaque fois, je me laisse manipuler par les promesses de mon amoureux. Et lorsque la rupture survient, je suis à ramasser à la petite cuillère. Je me réveille avec l'impression d'avoir perdu quelque chose. Je suis toute seule, au milieu de nulle part, sans bouée de sauvetage. La dernière fois, j'ai téléphoné à ma soeur. "Je viens de faire une immense erreur, lui ai-je dit. Jean, à ma demande, a fait sa valise et est parti. Je viens de briser notre petite famille!" "Mais il te battait!", s'est-elle exclamée. "Oui, mais il m'aime!" Deux jours se sont écoulés, puis j'ai reçu une superbe gerbe de roses et un tout petit mot: "Pardon, mon amour. Jean." J'ai craqué! Je l'ai appelé. Il pleurait au téléphone. Nous avons repris. Et un mois plus tard, ça recommençait. Cette fois, j'ai rompu pour de vrai, aidée d'un groupe de soutien.»
Savoir lâcher prise
Selon Esther Karam-Therrien, la peur et la culpabilité qui nous habitent quand on décide de rompre sont surmontables si l'on accepte de lâcher prise. Lâcher prise, c'est ne plus s'entêter à alimenter un lien dans lequel on ne trouve plus de bonheur, mais seulement tensions et frustrations. Lâcher prise, c'est cesser de s'agripper à l'idée que l'autre va changer, qu'on va le changer. C'est dépasser la colère et l'amertume, le ressentiment contre soi-même et contre les autres. Mais on n'efface pas des années de relation d'un coup de chiffon.

