SV: Qu'est-ce que vous avez trouvé le plus difficile dans votre rôle de père au foyer?
C.T.: La grande pression sociale: il faut être un parent parfait. Tu te demandes: «Est-ce que j'ai bien agi? Qu'est-ce que j'aurais dû dire ou faire autrement?» etc. On se questionne tout le temps sur sa façon d'élever ses enfants.
SV: Comment c'était, pour les vôtres, d'avoir un papa au foyer?
C.T.: Ils n'ont pas connu autre chose. Pour eux, il n'y avait rien d'original à ce que ce soit leur père plutôt que leur mère qui reste à la maison. La plupart de leurs amis allaient à la garderie tandis qu'eux venaient dîner à la maison. Et quand ils rentraient de l'école, il y avait quelqu'un qui les attendait. C'était leur réalité.
SV: Quelle est votre relation avec vos enfants aujourd'hui?
C.T.: Je ne suis pas devenu leur confident. Je suis leur père et non leur ami, et je trouve ça bien ainsi. Les trois plus âgés sont partis; ils ont leur propre vie et sont autonomes. Ils ne sont pas intéressés à reproduire le modèle qu'ils ont eu à la maison, et c'est correct comme ça. Mon plus vieux va bientôt devenir papa à son tour. C'est un grand bonheur pour ma femme et moi. Si on avait à recommencer notre vie aujourd'hui, on referait exactement la même chose. (sourire)
SV: Maintenant que votre progéniture vole de ses propres ailes, à quoi consacrez-vous votre temps?
C.T.: Je m'occupe de ma tante âgée de 99 ans et de mon père. Je bricole beaucoup et je fais du bénévolat pour le Club Optimiste ainsi que pour un club de patinage de vitesse. J'ai encore plus à faire aujourd'hui que quand j'avais des bébés! (rire) Cela dit, ma réalité est bien différente. Avant, j'étais surtout à la maison. Maintenant, je suis le plus souvent à l'extérieur de chez moi.

