Qui sont ces papas au foyer?
Il est difficile de dresser le portrait type des hommes qui choisissent de devenir papas au foyer. «Les statistiques englobent tous ceux qui sont à la maison, qu'ils aient perdu leur emploi, soient bénéficiaires de l'assistance sociale ou aient décidé, de leur plein gré, de s'occuper des enfants», rapporte Diane Dubeau. On peut donc s'attendre à déceler des caractéristiques bien différentes pour ces divers sous-groupes de pères au foyer. Cela dit, il semble que les hommes qui font le choix de rester à la maison aient, en général, un niveau de scolarité et un statut socioéconomique plus élevés que la moyenne.
Toujours rose, la vie de père au foyer? «Non, répond la professeure-chercheuse. Outre le regard des autres, la principale difficulté vécue par ces hommes est l'isolement. Quand ils vont dans des lieux publics avec leurs enfants, par exemple au parc, où il n'y a que des mamans, leur présence suscite parfois un malaise. Lorsqu'ils se retrouvent entrent amis, les autres discutent de leur travail alors qu'eux auraient plutôt envie de parler de leurs enfants. Ils se retrouvent en marge de leur groupe d'appartenance, ce qui en amène certains à se sentir isolés.»
Quoi qu'il en soit, les bénéfices liés à l'implication paternelle sont nombreux, et ce, pour toute la famille. Les enfants qui ont la chance d'avoir un père impliqué présentent moins de troubles du comportement, s'intègrent mieux à la société et persévèrent davantage dans leur cheminement scolaire. Les mères sont moins stressées et plus satisfaites de leur relation conjugale. Quant aux papas, en plus de partager cette satisfaction, ils jouissent d'un plus grand sentiment de compétence ainsi que d'une meilleure santé physique et psychologique.

