À cause des enfants, on hésite parfois longtemps à mettre fin à une relation. On craint que la séparation ne perturbe leur équilibre. On ne veut pas les priver de la présence de leur père. On souhaite leur épargner la souffrance d'une rupture...

Une situation boiteuse

Mais on restera à quel prix? Au prix de son propre équilibre et de celui des enfants? Ne surestime-t-on pas ses capacités en pensant qu'on pourra continuer à vivre avec quelqu'un qu'on n'aime plus? «Il faut prendre le temps de bien identifier tout ce qu'il faudra supporter si on reste, souligne le psychologue Michel St-Hilaire. Est-on prêt, pour le prétendu bonheur des enfants, à partager son quotidien avec quelqu'un qui ne nous convient plus? À vivre avec quelqu'un qui est peut-être violent physiquement ou verbalement? Qui ne s'occupe pas bien des enfants? Qui nous trompe? Faudra-t-il fermer les yeux sur ses aventures?»

Mais la relation, ou plutôt l'absence de relation, finit tôt ou tard par déteindre sur les enfants. Les conséquences de cette situation boiteuse sont souvent pires que celles de la séparation. «Il est préférable pour un enfant de vivre avec un seul parent plutôt que de voir les deux êtres qu'il aime se déchirer ou s'ignorer», selon Michel St-Hilaire.

Et comment fera-t-on pour s'adonner ensemble à toutes les activités qui font partie de la vie de famille? On simulera l'harmonie. Mais cela sonnera faux. Les enfants, qui ne sont pas dupes, le sentiront et en souffriront.