Œuvrant dans le milieu des communications, Jean-François a la chance de bénéficier du soutien de son employeur et de ses collègues actuels. «Lorsque je dois m'absenter ou partir plus tôt pour des raisons familiales, je n'ai aucunement l'impression que ça dérange. On a presque tous des enfants et on sait ce que c'est. Par exemple, récemment, j'ai dû m'absenter à la dernière minute pour aller à l'hôpital avec ma fille. Quand j'ai appelé mon directeur pour m'excuser, il m'a dit de ne pas m'en faire et de prendre le temps qu'il fallait», raconte celui pour qui la situation n'a pas toujours été ainsi.

Il y a des employeurs ouverts et conciliants, mais ce n'est pas toujours le cas. Hier matin, j'ai entendu un homme dire qu'il avait perdu une promotion parce qu'il avait choisi de prendre six mois de congé parental.

«Dans mon emploi précédent, c'était un peu différent. J'avais toujours l'impression que le fait de devoir m'absenter pour des raisons familiales dérangeait. Je savais pertinemment que, si je m'absentais, j'allais devoir travailler en double, voire en triple à mon retour pour compenser», explique-t-il. Par conséquent, celui-ci n'osait jamais s'absenter, sauf lorsque ça devenait inévitable. S'ensuivaient des conflits avec sa conjointe, à qui revenait toujours la responsabilité de s'occuper des enfants.

«Quand j'ai pris mon congé de paternité de cinq semaines, mon employeur m'a même appelé quelques jours seulement après le début pour me demander si je pouvais retourner au travail, ne serait-ce que quelques jours par semaine. Quand j'ai dit non sa demande, j'ai senti un peu de frustration mêlée de déception», se rappelle-t-il.

Période de transition

Qu'en est-il du congé parental? Un père sur cinq l'a utilisé, souvent de manière partagée avec sa conjointe, en 2009. «C'est encore considéré comme surprenant lorsqu'un homme choisit de prendre le congé parental, que ce soit au complet ou en partie. C'est peut-être plus mal vu par les employeurs, qui doivent les remplacer. Cela dit, la plupart ne connaîtront pas de difficultés de retour au travail», souligne Mme Tremblay.

De son côté, Raymond Villeneuve croit que la conciliation travail-famille peut être plus difficile pour les pères. «On est dans une période de transition. Le congé de paternité est encore jeune. C'est sûr qu'il y a des employeurs ouverts et conciliants, mais ce n'est pas toujours le cas. Pas plus tard qu'hier matin, j'ai entendu un homme dire qu'il avait perdu une promotion parce qu'il avait choisi de prendre six mois de congé parental, relate-t-il. Les pères ne sont pas encore pleinement reconnus, mais il y a une valorisation de plus en plus grande de leur rôle.»