Tout comme on ne vient pas au monde en marchant, on ne vient pas au monde avec la capacité à dire non. Ce comportement s'apprend.

Se sentir obligé de dire oui

Karène Larocque, psychologue sherbrookoise, rappelle que cette habileté - car c'en est une - fait défaut à plusieurs. De nombreuses personnes, en effet, ne se donnent pas le droit de dire non. Elles se sentent obligées d'acquiescer aux désirs des autres, au point de faire passer les leurs en dernier. Ainsi, en disant oui aux autres, elles se disent non à elles-mêmes.

Dire oui, c'est souvent emprunter un chemin facile. On évite ainsi la confrontation. On cède, non pas pour faire plaisir, mais pour acheter la paix. Mais à la longue, cette attitude peut avoir des conséquences graves: on s'engage dans des relations où l'on ne se respecte plus, où on laisse les autres abuser de soi. De plus, le fait de dire oui alors qu'on pense non n'aide pas à accroître sa confiance en soi, puisqu'on s'empêche ainsi de s'affirmer.

Comment changer un tel comportement?
Il faut d'abord reconnaître le fait. Puis on s'interroge sur ce comportement. Que veut-on éviter en disant toujours oui? A-t-on peur que l'autre nous en veuille, nous aime moins si on ne répond pas à tous ses désirs? Craint-on d'être abandonné, rejeté si on met ses limites?

S'exercer à dire non

On s'exerce ensuite à dire non. Il s'agit alors d'apprivoiser lentement sa capacité à s'affirmer. Un truc? On va au centre commercial et on fait le tour des boutiques. On aura ainsi plus d'une occasion de dire non à une vendeuse ou un vendeur trop insistant. On peut aussi s'entraîner à dire non à haute voix, quand on est seul: on imagine pour ce faire différents scénarios - avec son patron, une collègue, une belle-soeur - dans lesquels on ose dire non.