Un sondage CROP effectué pour l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) révèle qu'un travailleur sur cinq (20 %) craindrait de dénoncer son employeur s'il s'estimait victime de harcèlement psychologique au travail. Les femmes sont les plus hésitantes à agir. Une sur quatre (25 %) aurait peur de porter plainte, contre 14 % des hommes.

Cela semble plus facile lorsqu'il s'agit du comportement d'un collègue, puisque que seulement 13 % des répondants affirment qu'ils craindraient d'entreprendre une action en justice contre ce dernier. Chez les femmes, ce pourcentage s'élève à 17 %, alors qu'il n'atteint que 9 % chez les hommes.

Les travailleurs qui gagnent 80 000 $ et plus par an ne sont pas à l'abri du harcèlement psychologique au travail: 25 % d'entre eux disent qu'ils auraient peur de porter plainte contre leur employeur s'ils en étaient victimes. Notons que ce pourcentage est de 9 % chez les salariés qui touchent entre 20 000 $ et 40 000 $.

«Ces résultats sont étonnants, car selon la perception populaire, ceux qui gagnent un meilleur salaire sont souvent plus scolarisés et mieux informés quant à leurs droits. On pourrait peut-être expliquer ces chiffres par le fait que les personnes qui ont des revenus plus importants occupent habituellement des postes plus élevés dans la hiérarchie, près de la direction. Elles peuvent craindre de perdre leur statut», indique Florent Francœur, président-directeur général de l'Ordre des CRHA.

Le tiers des travailleurs témoins ou victimes

Près du tiers (31 %) des travailleurs québécois disent avoir été témoins ou victimes de harcèlement psychologique dans leur milieu de travail. «Ces résultats sont très préoccupants, mais cela ne signifie pas qu'il s'agit nécessairement de harcèlement psychologique au sens de la loi. Il faut distinguer les véritables cas des situations où l'employeur exerce son droit de gérance ou son autorité envers des employés par exemple», note monsieur Francœur.

Les résultats du sondage montrent cependant qu'il existe des tensions dans les milieux de travail. Trop, selon monsieur Francœur. «Les employeurs ont avantage à mettre en place des mesures préventives et à agir dès l'apparition des premiers symptômes, afin d'éviter que des situations pouvant dégénérer en harcèlement ne contaminent le climat de travail. Nous prônons la tolérance zéro en cette matière.»