Marie-Claude*, intervenante professionnelle à Tel-jeunes, reçoit parfois des appels de parents démunis qui ont découvert une lettre de leur ado qui souhaite en finir avec la vie. «La charge émotive est très lourde. Des fois, nous sommes les premières personnes à qui le parent ou le jeune se confie. Il n'a pas osé en parler à ses amis ou à des gens de son entourage.»

Des parents démunis

Le suicide et l'intention de suicide chez un jeune sont toujours des sujets tabous et difficiles à gérer pour les adultes. Lorsque l'incompréhension se mêle à une immense inquiétude, le parent, atterré par sa découverte, a de la difficulté à prendre du recul par rapport au problème. Marie-Claude l'écoute, le rassure et tente de lui fournir des outils d'intervention. Les parents sont généralement en mesure de considérer les moyens à leur disposition pour réagir. Ce qui n'est pas toujours le cas des jeunes qui téléphonent au sujet d'un ami.

«L'intervention varie selon l'âge de la personne, souligne Marie-Claude. Si je parle avec un jeune de 11 ans qui craint que son meilleur ami se suicide, je vais lui conseiller de parler avec son ami et d'aller avec lui vers une personne-ressource adulte.» L'intervenante peut également fournir de l'information sur des questions précises comme la drogue, la famille, la sexualité ou la violence afin que le jeune soit moins dépassé par les confidences de son ami en détresse.

     

*Le nom de l'intervenante interviewée a été modifié afin de préserver la confidentialité.