Fêter Noël en Palestine… Oui, mais quel Noël? Catholique, orthodoxe ou arménien? Tour d’horizon des célébrations et messes entourant la naissance de Jésus.
«Cette année, la situation politique est bonne, mais je ne peux garantir que Noël aura lieu», soupire le père Severino. Ce prêtre franciscain venu de Pologne s'occupe aujourd'hui du centre d'accueil des pèlerins à Bethléem, à quelques pas de la Basilique de la Nativité. Fondée en 326, c'est la plus ancienne église en activité. À Noël, tous les chrétiens de Palestine confluent vers Bethléem, lieu de naissance du Christ.
Mais de quel Noël parle-t-on? De la célébration catholique du 25 décembre, de celle des orthodoxes du 6 janvier ou de la fête arménienne du 19 janvier?
Malgré un désaccord quant aux dates, les différentes célébrations restent relativement similaires. Les patriarches Fouad Twal, Théophile III et Torkom II suivent le même rituel. Le jour de leur Noël respectif, ils descendent de Jérusalem pour célébrer la messe de minuit à Bethléem. Le trajet d'une dizaine de kilomètres entre les deux villes se fait sous bonne garde policière, puisqu'il est nécessaire de traverser le point de contrôle de Gilo, qui marque la frontière entre Israël et la Cisjordanie. «La basilique est pleine à craquer pour les messes de minuit et la plupart des gens doivent rester dehors!» raconte Violette, libraire à Bethléem.
Rassurez-vous cependant: des messes auront encore lieu toute la nuit, et dans toutes les langues, ainsi que quelques 150 autres célébrations...
Comme partout dans le monde, Noël est familial. «On se réunit pour un grand repas, si la situation politique le permet», indique Tony, commerçant à Jérusalem. Les orthodoxes respectent un carême de 40 jours. «On ne mange pas de viande et on garde l'argent pour les pauvres», explique Elham Salameh, directrice du YMCA de Jérusalem. Les chrétiens de Palestine sont plus attachés au message de Noël qu'à son folklore. «Quand on prie pour la paix ici, ça prend toute sa signification», conclut le père Severino.





