L'étude réalisée en septembre 2008 auprès de 2002 Canadiens montre que 62 % des Québécois ont prêté ou emprunté plus de 500 $ à un ami ou à un membre de leur famille et plus du quart (26 %) déclarent que les montants n'ont jamais été remboursés en entier. Pourtant, les Québécois gèrent bien leurs prêts puisque 27 % d'entre eux sont enclins à signer une entente écrite lorsqu'ils se prêtent de l'argent, comparativement à 17 % au niveau national canadien.

Pression indue

Le tiers des répondants québécois et canadiens (31 %) qui ont accepté de prêter de l'argent se sont sentis obligés de le faire. La majorité (54 %) de ceux qui ont ressenti le plus de pression à prêter de l'argent n'ont pas été remboursés du tout. «On a tous les meilleures intentions du monde lorsque vient le temps d'aider un proche, spécialement lorsqu'il a un besoin pressant d'argent. Certains pourraient se sentir obligés de prêter et, par conséquent, ne pas se fier à leur instinct, explique Bruno Therrien, directeur régional du bureau de Sherbrooke, au Groupe Investors. Malgré les liens familiaux, un prêt non remboursé peut créer des tensions dans une relation et occasionner du stress.»

Des modalités de prêt plus attrayantes

La moitié des personnes interrogées ont dit s'être adressées à un proche plutôt qu'à une institution bancaire afin de payer un intérêt nul ou plus faible sur le prêt. D'ailleurs, selon le sondage, seulement 23 % des emprunteurs canadiens et 28 % des emprunteurs québécois ont versé des intérêts sur leur emprunt. «Le prêteur et l'emprunteur peuvent être mal à l'aise de séparer affaires et affection, surtout si c'est fait à l'amiable, explique monsieur Therrien. Pourtant, le fait de prêter de l'argent à un proche n'exclut pas l'établissement de modalités de prêts précises. Cela peut réduire la possibilité de mésententes et de conflits à long terme.»

Plus du quart des répondants ont évoqué les modalités de remboursement plus souples comme principale raison d'emprunter de l'argent à un parent ou à un ami. Mais pour 16 % des Québécois et 13 % des Canadiens, la famille et les amis étaient leur seule source de fonds possible, puisqu'ils n'auraient pas été en mesure d'obtenir un prêt ailleurs.

Voir aussi: Argent: est-ce un sujet tabou?