Au Québec, des milliers de téléspectateurs ont suivi les séries Omerta et Fortier avec enthousiasme, tout comme les Prime suspect, CSI Miami ou 24 hours. Fascinante, la mort?
La plupart d'entre nous avons vu Le Silence des agneaux et nous sommes nombreux à avoir lu le roman éponyme de Thomas Harris pour prolonger la fascination qu'exerce si puissamment sur nous Hannibal Lecter. Nous avons suivi les délires du cannibale, la chasse au tueur en série que menait l'agent Clarisse Starling avec des palpitations, des battements au coeur, la bouche sèche, car l'auteur, en nous plongeant dans cette fiction haletante, nous a fait oublier durant quelques heures notre quotidien.
C'est une des premières explications à notre fascination pour les oeuvres de suspense. Mais si les romans d'Agatha Christie titillent notre goût pour les énigmes, nous invitent à essayer de découvrir le coupable et nous procurent une certaine fierté lorsque nous parvenons à élucider le crime, les romans plus réalistes de Michael Connelly, Dennis Lehane ou Henning Mankell (tous adaptés à l'écran) nous plongent eux dans des univers qui nous sont familiers, car notre siècle est celui des médias: nous savons tout ce qui se passe sur la planète , nous voyons des bombes exploser, des tours s'enflammer, les visages des tueurs en série et ceux de leurs victimes. Nous sommes conscients de l'omniprésence du danger dans la vie quotidienne. Pas directement dans la nôtre peut-être, mais la menace existe, même virtuelle, et nous oblige à réfléchir à la brutalité, à l'arrogance, à l'injustice qui sévit dans le monde.

