Depuis une dizaine de jours, la planète s’enflamme pour la grippe A (H1N1). Pourtant, beaucoup de questions subsistent sur ce nouveau virus, son mode de propagation et sa virulence. Doit-on s’alarmer? Le point sur cette infection.
Il s'est dit beaucoup de choses au sujet de la grippe A (H1N1), faisant grimper le niveau d'inquiétude au sein de la population. Mais s'il est vrai que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a raison de surveiller la situation de près, il semble qu'il n'y ait pas matière à paniquer. Le Mexique et les États-Unis ont adopté le 5 mai un ton plus rassurant à propos de l'épidémie, moins meurtrière que redouté. Au Mexique, le nombre de cas graves diminue, de même que le taux de mortalité. Le dernier décès confirmé remonte au 28 avril. Le président Felipe Calderon a annoncé une réouverture graduelle des lieux publics.
Pourquoi l'état d'alerte?
L'inquiétude des scientifiques vient du fait qu'il s'agit d'une nouvelle souche de grippe et qu'ils ignorent si elle sera plus grave que les autres grippes saisonnières. Ces dernières entraînent entre trois et cinq millions de cas graves et de 250 000 à 500 000 décès par an dans le monde, selon l'OMS. De plus, comme il s'agit d'une nouvelle famille de virus, la population n'a pas développé d'immunité, comme pour la grippe saisonnière, même si cette dernière varie d'année en année.
C'est en partie pourquoi l'OMS a émis un avis de pandémie de niveau 5. La phase 6 confirme la présence d'une pandémie, c'est-à-dire que le virus se transmet de personne à personne dans plusieurs pays. Mais pour l'instant, la situation ne nécessite pas de mesures autres que la prévention courante des infections. Les autorités de la santé publique déconseillent d'ailleurs de porter un masque, sauf pour les personnes hospitalisées et le personnel de santé. Et les antiviraux Tamiflu ou Relenza sont inutiles à titre préventif. Une utilisation inappropriée pourrait augmenter le risque de la résistance du virus. Santé Canada a également émis un avis demandant aux Canadiens de ne pas acheter de produit dont le fabricant prétend qu'il combat ou prévient le virus A (H1N1) puisque aucun produit pour traiter celui-ci n'est homologué au Canada.

