Pas plus grave qu'une grippe saisonnière

Pour le moment, la grippe A (H1N1) ne se propage pas à une vitesse vertigineuse et ne semble pas plus grave pour le moment que la grippe traditionnelle. Sur la centaine de cas confirmés au Canada le 4 mai, un seul a nécessité une hospitalisation, en Alberta. Toutes les autres personnes infectées ont été traitées à domicile, avec la consigne d'y demeurer quelques jours, soit jusqu'à la fin de la période de contagion. Au Québec, dans les trois cas rapportés, l'infection a été acquise au Mexique et ne semble pas avoir atteint les membres de l'entourage, pour le moment. La période d'incubation du virus est d'environ une semaine.

Le virus H1N1 ne posséderait pas les caractéristiques génétiques qui avaient rendu la grippe espagnole de 1918 si virulente, a d'ailleurs affirmé il y a quelques jours une porte-parole des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Selon les CDC, les personnes âgées de plus de 60 ans seraient aussi mieux protégées contre le virus parce qu'elles ont été exposées à plusieurs souches d'influenza au cours de leur vie, ce qui pourrait expliquer pourquoi la plupart des personnes infectées depuis le début de l'épidémie sont jeunes.

Il est cependant trop tôt pour conclure que la grippe H1N1 sera moins mortelle que ne l'a été la grippe espagnole ou que ne l'avaient laissé entendre les autorités au début de la crise, prévient le Dr David Butler-Jones, L'administrateur en chef de la santé publique au Canada. Le virus mute constamment», insiste-t-il. «Il pourrait changer pour devenir plus ou moins virulent. Nous devons le surveiller de façon très précise», ajoute le Dr Alain Poirier, directeur national de la santé publique du Québec. Les deux médecins soulignent qu'il y aura certainement plus de cas et qu'il pourrait y avoir des morts, comme pour chaque épisode de grippe saisonnière.

L'OMS a d'ailleurs mis en garde contre une nouvelle vague. Le virus pourrait muter et revenir en force à l'automne avec la saison de la grippe.