Québec veut repenser les soins de santé destinés aux hommes et revoir les messages de prévention qui leur sont envoyés. L’objectif: inciter la population masculine à s’occuper de sa santé.
Des statistiques inquiétantes obligent les milieux à revoir les services offerts et la communication adressée aux hommes du Québec. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a donc annoncé en juillet 2009 que de nouvelles mesures et un budget de 750 000 $ serviraient à améliorer la santé et le bien-être de cette partie de la population. Québec veut ainsi encourage les hommes à prendre soin d'eux et à porter attention aux symptômes de problèmes de santé.
«On remarque des résultats spectaculaires quand on va vers les hommes au lieu d’attendre qu’ils se présentent pour des tests de dépistage.»
Revoir la communication
Des messages et des activités de promotion des saines habitudes de vie cibleront les problèmes de santé qui touchent spécifiquement la clientèle masculine, comme l'embonpoint. «Ce sont les hommes qu'il faut atteindre en ce qui concerne l'alcoolisme, la toxicomanie et le dépistage de certaines maladies», mentionne Gilles Tremblay, professeur agrégé à l'École de service social de l'Université Laval et coauteur de La santé des hommes au Québec, publié en 2005 par le ministère de la Santé et des Services sociaux et l'Institut de la statistique du Québec.
Le Centre de prévention du suicide a déjà lancé une campagne intitulée «Demander de l'aide... c'est fort!», qui vise entre autres à démythifier le modèle masculin, amplement entretenu par les médias, de l'homme fort et invincible. Mais les vieux stéréotypes ne seront pas faciles à éliminer, selon Gilles Tremblay. «Quand le rapport Rondeau [rapport du Comité de travail en matière de prévention et d'aide aux hommes] a été publié, en 2004, des journalistes ont réagi en disant: "Arrêtez de faire vos moumounes, les gars!" Les hommes ont beaucoup de mal à se défaire des vieux modèles traditionnels, ou à les remettre en question.»

