Les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes à se suicider. Pourtant, la santé mentale des hommes est un problème qu’on traite en silence.
Parmi la population canadienne de tout âge, quatre suicides sur cinq sont commis par des hommes. Entre 1976 et 2000, on estime que le suicide masculin a augmenté d'environ 40 %, tandis que le taux féminin est demeuré stable. Certaines recherches ont même révélé que les nouveaux papas pouvaient aussi souffrir de dépression post-partum. La santé mentale des hommes attire cependant peu l'attention. Elle est «une crise passée sous silence», selon l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM).
«Il faut enseigner aux hommes à mieux reconnaître les signes précurseurs de problèmes de santé physique ou mentale et à valoriser la demande d’aide lorsqu’elle est requise.»
Même si 79 % des suicides enregistrés au Québec en 2007 ont été commis par des hommes, ces derniers sont proportionnellement plus nombreux (38 %) que les femmes (32 %) à estimer que leur santé mentale est excellente. «La présence d'un trouble mental n'est pas une condition suffisante pour expliquer le suicide, puisque les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir de dépression majeure, le trouble le plus fortement associé au suicide, bien qu'elles soient quatre fois moins nombreuses à s'enlever la vie. Des problèmes liés au diagnostic et aux traitements des troubles mentaux ainsi que la prévalence plus élevée de troubles d'abus de substances chez les hommes pourraient contribuer au risque plus élevé de suicide», mentionne un rapport du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE).
Toutes les études abondent dans le même sens: l'attitude des hommes et de la société encourage le silence. En effet, ces derniers sont moins portés que les femmes à demander de l'aide, car ils s'imaginent qu'un tel geste traduirait un manque de courage et de virilité. «Il faut éduquer les hommes à mieux reconnaître les signes précurseurs de problèmes de santé physique ou mentale et à valoriser la demande d'aide lorsqu'elle est requise», peut-on lire dans La santé des hommes, un ouvrage publié en 2005 par le ministère de la Santé et des Services sociaux et l'Institut de la statistique du Québec.

