Malgré des efforts notables dans les dernières années, force est de constater que les mesures de ce programme ne sont pas systématiquement appliqués aux femmes et à leur bébé, particulièrement dans les pays en développement. C'est dire que là où le virus frappe le plus grand nombre de personnes, soit en Afrique et en Asie, la PTME est encore un projet plutôt qu'une réalité.
Solutions connues, implantation difficile
Ainsi, une proportion considérable de femmes séropositives n'a toujours pas accès aux services de PTME, ou seulement partiellement lorsqu'ils sont offerts. Souvent, on se contentera du dépistage et de la prophylaxie à l'accouchement, ce qui n'apporte que des résultats mitigés. D'énormes problèmes de faisabilité, tant sur le plan financier que logistique, rendent difficile l'augmentation de la couverture des interventions de PTME. À titre d'exemple, offrir la trithérapie aux femmes enceintes nécessite non seulement l'accès à ces médicaments, mais aussi une infrastructure importante: personnel médical formé adéquatement; laboratoire de niveau intermédiaire; système de suivi pour assurer l'observance au traitement. Enfin, il faut pouvoir fournir à ces femmes un traitement à vie sinon on favoriserait le développement de souches de VIH résistantes aux antirétroviraux.
Autant dire que les systèmes de santé des pays en développement, qui ne réussissent même pas à couvrir les besoins de soins de santé primaire de leur population, sont vite dépassés par l'ampleur et la complexité de la réponse au VIH/SIDA. La nécessité de viser l'ensemble des femmes enceintes est déjà en soi une gageure colossale. Pourtant, dans les pays développés, avec toute la panoplie d'interventions accessibles à la majorité des femmes, le taux de transmission mère-enfant est maintenant de 1 à 2 %!
Les objectifs du Millénaire
La prévention de la transmission du VIH/SIDA d'une mère à son enfant est un domaine prioritaire de santé publique pour lequel nous détenons maintenant des solutions. Des obstacles majeurs devront cependant être surmontés, notamment de nombreux questionnements éthique, pour que le programme atteigne les personnes qui en ont besoin, . Le fait que la lutte au VIH/SIDA soit inscrite au nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) montre bien l'importance de la prévention et du traitement de cette maladie pour le développement des populations, mais souligne aussi les défis énormes auxquels nous faisons face aujourd'hui pour y répondre.

