Personne n'aime voir son enfant subir une telle agression, et il y a des parents qui s'y opposent. Mais il faut voir un peu plus loin; mettez-vous à la place de l'enfant. Qu'est-ce qui est mieux? Recevoir quatre injections de vaccins en une minute (temps effectif qu'il faut à un vaccinateur expérimenté) et être ainsi libéré pour six mois, OU BIEN recevoir deux vaccins lors d'une visite, puis revenir deux semaines plus tard, retrouver possiblement le même vaccinateur, le reconnaître et déjà être anxieux à sa vue, pour ensuite recevoir encore deux vaccins, donc deux piqûres?
Pour le parent aussi, l'option de la séance unique de quatre piqûres a ses avantages: elle lui évite des déplacements additionnels, ce qui lui fait épargner temps et argent.
«Deux vaccins aujourd'hui, deux d'ici trois semaines?». Non, décidément. Les raisons qui sous-tendent un tel espacement des injections ne tiennent pas la route. «C'est quatre tout de suite». Et ensuite, on n'en parle plus.
Trop de pression sur le système immunitaire?
Autre inquiétude bien légitime des parents: quand on administre à leur enfant quatre vaccins en une minute, ne met-on pas trop de pression sur son système immunitaire? «Ne risque-t-il pas de développer ces maladies? Cela ne va-t-il pas affaiblir son système immunitaire et l'exposer à d'autres infections graves?»
En fait, la grande majorité des vaccins inclus dans le calendrier de base sont «inactivés», ce qui signifie qu'en aucun cas on administre la bactérie ou le virus en entier mais plutôt des chaînes de protéines prélevés à la surface du microbe (récepteurs), ce qui a pour effet de stimuler le système immunitaire à produire des anticorps spécifiques à ces récepteurs. Si, un jour, le microbe entrait vraiment dans le corps de l'enfant, ces anticorps spécifiques s'attaqueraient à ce microbe. De plus, le potentiel de réponse immunitaire d'un enfant est immense et les vaccins sont aujourd'hui très purifiés.
Le système immunitaire supporte bien les quatre vaccins dans la même séance. En fait, il travaille beaucoup plus fort quand un enfant touche une poignée de porte dans un lieu public et porte ensuite la main à sa bouche. Sur la question, vous pouvez aussi consulter les textes de ma consoeur pharmacienne Roxane Thérien.
Dites-lui que je l'aime
Les maladies dont la vaccination protège les enfants ont des conséquences bien plus fâcheuses qu'une simple piqûre: hospitalisation, stress, et beaucoup d'autres piqûres.
L'infirmière que je suis le fait aussi par amour pour les enfants. Et par amour pour eux, j'accepte aussi qu'ils me détestent pendant quatre minutes: le temps d'oublier que je viens de les piquer!
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