Les deux études publiées dans le New England Journal of Medicine visaient à vérifier si les antigènes prostatiques spécifiques (APS) permettent de prédire qui a besoin de chirurgie contre le cancer de la prostate. Elles ont porté sur plus de 250 000 cobayes.

Une étude européenne a conclu que la mortalité baisse de seulement 20 % durant une période de suivi de neuf ans, soit 7 morts de moins sur 10 000  hommes. Une étude américaine similaire menée au Centre de cancer Herbert Irving de l'Université Columbia n'a pas trouvé d'impact positif sur la mortalité sur une période de suivi de 10 ans. Cette absence de résultats positifs pour ce test sanguin s'explique par un nombre élevé de «faux positifs», des tumeurs qui évoluent trop lentement pour causer la mort du patient. Les auteurs de l'étude américaine ont appelé ces tumeurs des «lions sans dents».

Ces faux positifs pourraient expliquer une partie des différences entre hommes et femmes après 60 ans. D'ailleurs, devant l'incertitude, la seule décision qu'a prise l'USPSTF - l'agence gouvernementale américaine responsable des recommandations sur le dépistage - à propos du cancer de la prostate est de le décourager pour les hommes âgés de plus de 75 ans, parce qu'ils sont trop vieux pour mourir de ce cancer à progression lente. À titre de comparaison, l'USPSTF recommande le dépistage pour le cancer colorectal entre les âges de 50 et 75 ans.

La Société canadienne du cancer n'est pas favorable au test de dépistage de l'APS comme outil de dépistage de masse. Elle estime que la décision appartient au patient, après consultation avec son médecin, et les résultats publiés à la mi-mars 2009 ne changent pas sa position.